Les touristes occidentaux et spécialement d'Europe du Nord, sont à l'origine de ce fléau qui ravage des pays comme la Thaïlande, le Vietnam (11), le Brésil, l'Inde, les Philippines ou certains pays d'Afrique. Les enfants sont victimes d'enlèvements ou sont achetés à leurs familles, puis sont séquestrés dans des maisons closes pour être vendus aux touristes occidentaux dont la conscience est en vacances pour quelques temps.
En Thaïlande, un programme de recherche établi par le centre d'économie politique de la Chulalongkorn University (12) de Bangkok a mis en évidence les chiffres du tourisme sexuel dans ce pays. Il représenterait entre 90 et 100 milliards de francs soit à peu près la moitié du budget 1995 de la nation. Cette énorme activité illégale - qui n'existe que parce que le gouvernement ferme les yeux - est "blanchie" à travers des placements immobiliers, des transactions boursières et l'industrie du divertissement. Les recherches ont pu identifier 20 à 30 membres du parlement compromis dans ce trafic, en participant directement, en protégeant, en finançant et en aidant ces activités. Les chercheurs estiment que 10 à 20 % des prostitués sont mineurs.
En 1990, le tour opérateur britannique Sunmed écrivait dans sa brochure "Go Places", en parlant des Thaïlandais : "ils sont des Peter Pan, éternels enfants qui n'ont jamais grandi..." et en parlant de la Thaïlande : "c'est le pays le plus sensuel et le plus ouvertement sexuel de la planète". La brochure recommandait aux visiteurs potentiels de Pattaya : "si vous pouvez le sucer, l'utiliser, en manger, le sentir, l'essayer, en abuser ou simplement regarder, n'hésitez-pas : tout est possible dans ce lieu qui ne dort jamais. Pattaya n'est pas fait pour les prudes.". La même année, la compagnie aérienne autrichienne Lauda Air est condamnée à présenter des excuses à la Thaïlande et à retirer le magazine de bord qui vantait les charmes du pays dans des termes similaires (13).
Au Sri Lanka, le développement du tourisme (+ 10,5 % de croissance en 1995) est allé de paire avec celui du tourisme sexuel. Selon l'organisation PEACE (Protecting the Environment and Children Everywhere), entre 15 et 20 000 enfants de 6 à 14 ans sont esclaves dans des bordels. 5 à 10 000 mineurs se prostituent, essentiellement des jeunes garçons. Du fait des habitudes culturelles, les fillettes sont mieux protégées (14). Le cas de l'Asie est préoccupant car des tour opérateurs peu scrupuleux qui font de cette activité leur fonds de commerce ont développé une offre spécifique et proposent des forfaits où cette forme de tourisme est implicitement incluse.
Toutefois aucune région du monde sous-développé n'échappe vraiment à ce fléau, condamnant des enfants à peine pubères au sida et à une déchéance physique et morale complète. Au Brésil, dans l'état du Nordeste, la prostitution enfantine a pris une telle ampleur qu'une Commission Parlementaire d'Enquête a été créée. Les trois villes touristiques littorales de Mossoro, Natal et Cabo semblent particulièrement exposées. Parfois complices, souvent dépassées, les autorités des pays concernés laissent faire en fermant les yeux, au vu des devises que rapporte cette forme de tourisme.
C'est probablement l'aspect le plus scandaleux de l'impact du tourisme sur les pays du Sud et quoique le combat contre l'exploitation sexuelle des enfants ait été très médiatisé et soit condamné unanimement notamment à l'occasion de conférences internationales (15), cela reste une triste réalité pour des centaines de milliers d'enfants à travers le monde.
Malheureusement, c'est loin d'être le seul aspect négatif du tourisme. D'autres dégâts sont constatés sur les populations d'accueil, qu'ils soient évidents, comme le cas que nous venons d'invoquer ou plus insidieux et progressifs.
La prostitution des adultes
Ce n'est pas non plus une fatalité pour les pays du Sud et on constate malheureusement trop souvent que c'est le tourisme qui, là encore, en est à l'origine. En Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, des hommes et des femmes se prostituent dans des conditions très dures auprès des touristes occidentaux dans l'espoir d'améliorer leur revenu ou simplement de survivre.
Info Birmanie cite, dans son bulletin mensuel, le cas de femmes Birmanes employées dans les bordels thaïlandais où elles sont bâillonnées, surveillées, cloîtrées dans des conditions de vie inhumaines. Certaines sont très jeunes (12 ou 14 ans) et se retrouvent parfois enceintes, condamnées à avorter clandestinement. On estime à 80 % le nombre d'entre elles qui sont touchées par le sida. Elles sont peu concernées par les campagne de prévention qui se font en langue thaïlandaise ou occidentale et visent plus les clients que les prostituées (16).
Parallèlement, il existe aussi une prostitution "volontaire" directement liée à la misère ou à des conditions de vie très difficiles. Au Maroc mais aussi en Egypte, quoiqu'il n'y ait aucune statistique officielle ni officieuse, il y a un phénomène de prostitution lié à l'afflux de touristes du Moyen Orient, venus chercher dans ces pays, des plaisirs (cabaret, boisson, prostitution) interdits dans leurs pays respectifs. On peut également citer les Caraïbes, notamment le cas de St Domingue ou celui de Cuba où sévit un véritable tourisme sexuel "volontaire" pour les nombreux occidentaux (hommes et femmes Européens ou Américains), venus chercher au soleil la compagnie de locaux consentants.
Quelques cas de transgression des droits de l'homme.
Réfugiés : condamnation de la Belgique pour l’expulsion de Tziganes
La Cour européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg a condamné la Belgique pour l’expulsion de Tziganes vers la Slovaquie, en 1999. La Cour reproche notamment à la Belgique d’avoir eu recours à une mesure d’expulsion collective après avoir lancé une fausse invitation aux personnes concernées.
Des tchétchènes expulsés vers nulle part
Le Conseil d’Etat sanctionne les autorités belges qui donnent des ordres de quitter le territoire aux Tchétchènes sans se soucier de savoir comment ceux-ci peuvent rejoindre leur pays ( le Soir en ligne, 8/8/02).
La Belgique mise en défaut sur les droits de l’homme
Violation du droit d’accès aux tribunaux, juges partiaux, violences policière et pénitentiaire… Autant d’accusations formulées contre la Belgique dans le rapport annuel du Parlement européen sur les droits de l’homme en Europe. Bien que sans impact, ce rapport, approuvé mercredi à une courte majorité, suscite la polémique. Selon son auteur, la lutte contre le terrorisme et ses effets négatifs sur les libertés civiles, le mauvais comportement de certains policiers et la discrimination, sont les problèmes les plus préoccupants en matière de droits de l’homme dans l’Union
Vente d’armes belges au Népal
D’après Amnesty International, le gouvernement belges aurait livré 5.500 fusils - mitrailleurs au autorités népalaises, Amnesty International Belgique demande que des garanties strictes soient prises afin que ces armes ne puissent être utilisées pour perpétrer des violations des droits humains. Tout en étant consciente de la gravité de la menace que fait peser sur la sécurité du Népal la « guerre populaire » menée par le Parti communiste népalais de protéger les civils, Amnesty International s’oppose à tout transfert d’équipements ou de compétences dans les domaines militaires et de sécurité permettant de commettre des violations des droits humains. Amnesty International estime par conséquent que le gouvernement belge ne devrait livrer d’armes au Népal que sous de très strictes conditions et en ayant la garantie de pouvoir exercer un contrôle sévère sur l’usage qui en est fait. Au cours du débat à la Cambre sur la livraison d’armes au Népal, le Premier ministre a laisser entrevoir une révision prochaine de la loi belge sur les armes. Amnesty accueille favorablement l’engagement du gouvernement belge à garantir à l’avenir plus transparence lors d’exportations d’armes et demande à ce que suffisamment d’information soit fournie sur toutes les transactions et tous les octrois de licences, afin que le Parlement, le public et les ONG puissent contrôler le respect de le loi sur les exportations d’armes.
http://www.amnesty.be/spip.php?article760
Les industries du voyage et du sexe partagent beaucoup d’intérêts dans la transformation du monde en gigantesque parc de loisir. Enraciné dans l’univers ancien de la prostitution, le tourisme sexuel s’étend au rythme de l’accroissement de la mobilité et de la globalisation touristique. Dans des pays où la constante est la pauvreté, il affecte des centaines de milliers d’êtres humains dont une part non négligeable d’enfants.
A la suite du tourisme classique, c’est maintenant le tourisme sexuel qui connaît une « démocratisation ». De plus en plus, on observe l’essor d’une prostitution « à la carte », une tendance qui, finalement, ne fait que suivre celle des voyages sur mesure... Il n’est plus rare de rencontrer, à Phuket ou à Ko Samui, pour évoquer le cas de la Thaïlande, un routard occidental avec, à l’arrière de sa moto ou accrochée à son bras, une « girlfriend », appellation officielle et plus acceptable de la prostituée, qu’il a louée à la semaine ou au mois.
Le tourisme sexuel connaît un effet « boule de neige » qui l’oriente dans le sens d’une massification. Toujours en Thaïlande, les nouveaux clients sont de plus en plus des jeunes Occidentaux en quête d’aventures et de sensations fortes. Ils remplacent peu à peu les vieux touristes allemands, japonais ou américains, lesquels avaient eux-mêmes déjà succédé aux militaires en stationnement pendant la guerre du Vietnam. D’autre part, une nouvelle clientèle apparaît sur les plages et dans les bars : Malaisiens, Chinois, Sud-Coréens...
La prostitution « touristique » affecte beaucoup de pays du Sud : les filles (ou les garçons) y sont jeunes, pauvres et peu éduqués, donc facilement exploitables. Elles arrivent de façon plus ou moins forcée dans la prostitution, « métier » qu’elles n’ont aucune envie d’exercer. A la recherche de sexe facile et bon marché, les touristes sexuels étrangers affluent en quête de cette chair fraîche, disponible et soumise. Nombre d’entre eux, afin de se donner bonne conscience, trouvent toutes les raisons du monde pour se persuader qu’ils n’abusent pas de la détresse de ces jeunes. Ils ne feraient que les aider, les soutenir, voire contribuer au développement de leur pays...
Dans ces Etats, après l’essor du tourisme de masse, le secteur informel de la prostitution s’est développé avec l’arrivée plus importante de touristes individuels. On peut désormais établir une sorte de cartographie du tourisme sexuel : les femmes vont à Goa, en Inde, en Jamaïque, en Gambie ; tandis que les hommes préfèrent les pays du Sud-Est asiatique, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la République dominicaine, Cuba, le Panamá, le Surinam, le Mexique, sans oublier le Brésil où l’on compterait pas moins de cinq cent mille enfants tombés dans la prostitution (1).
Le tourisme sexuel de masse se développe ainsi au croisement de l’univers des mobilités touristiques. Pour beaucoup d’Occidentaux, il représente une forme de colonisation nouvelle et adaptée à notre époque. Certains d’entre eux voudraient à tout prix établir une distinction entre la prostitution forcée et la prostitution volontaire ou « libre ». Sous le prétexte que, dans certaines villes du Nord – ou dans des enclaves fortunées ou aisées des pays déshérités –, la prostitution de luxe, dite « libre », pourrait parfois permettre à certaines filles (ayant échappé à la contrainte des proxénètes) de « disposer librement de leur corps ». En revanche, ils admettent que, dans la plupart des pays du Sud – ainsi que dans des enclaves de misère des villes du Nord ou de l’Est –, la prostitution est toujours une activité exercée sous la contrainte (proxénétisme, violences, viols) (2). Mais comment combattre la prostitution dans les pays pauvres du Sud, si on prétend que, dans les pays riches du Nord, elle résulterait de choix individuels ?
Une industrialisation des corps
D’autres insistent pour qu’on ne confonde pas prostitution enfantine et prostitution adulte. A force de mettre en avant cette différence, elle en devient suspecte. Et plus le consensus s’établit pour condamner l’abus sexuel sur des enfants, plus facilement l’abus sur des adultes (femmes et hommes) semble être admis comme une dérive présumée inévitable du monde dans lequel nous vivons. La prostitution enfantine révulse tout le monde tandis que chacun, finalement, finit par s’accommoder de la prostitution « classique ».
Dans une telle atmosphère, le touriste sexuel se retrouve en quelque sorte déresponsabilisé, déculpabilisé. D’autant que la pratique s’appuie fortement sur les industries « classiques » du sexe : pornographie et prostitution. Une prostitution qui n’est que la traduction pratique de ce que la pornographie propose (3). Les deux univers s’accordant pour instrumentaliser les êtres humains et industrialiser les corps. L’appareil médiatique et publicitaire venant, de surcroît, préparer le terrain pour renforcer la reconnaissance officielle de l’industrie du sexe. La violence sexuelle est célébrée en même temps qu’elle s’affiche partout dans les médias, y compris pour être dénoncée. Un paradoxe et une confusion tout à l’image de notre culture du porno chic et soft qui célèbre la domination du mâle à l’heure où sa virilité paraît moins assumée.
La demande sexuelle est encouragée et stimulée par une offre toujours plus alléchante. Le marché s’étend et se diversifie : une internationalisation de l’offre, avec des filles de plus en plus jeunes, en provenance des quatre coins du globe, attire de nouveaux clients (4). Avec cet afflux de migrants du sexe, alimenté par la soif de consommation, la rotation des filles est assurée. Objets de toutes sortes de trafics, les corps sont disponibles. A des tarifs qui ne cessent de baisser, concurrence oblige.
Déjà, le succès croissant du tourisme sexuel féminin montre que, dans ce domaine, la femme marche sur les pas de l’homme, réitérant les représentations du pouvoir, de la domination et de l’exploitation. A cet égard, il n’est pas inutile de rapprocher – au plan essentiellement symbolique –, d’un côté, le « touriste organisé » qui a confié la préparation de son voyage à une agence ou à un tour-opérateur et, de l’autre, le « touriste sexuel ».
Le touriste organisé se dégage, souvent, de toute responsabilité dès le moment où il foule la terre de sa destination exotique et vacancière. Témoin ce voyageur, fraîchement débarqué à l’aéroport de Hanoï, au Vietnam, et qui expliquait : « Voilà, je viens d’atterrir, et désormais je confie mon destin durant les prochaines semaines à mon guide, car je suis trop éreinté par mon boulot, et le temps des vacances je ne veux plus penser mais seulement me laisser porter ! » Il n’y avait là, certes, aucune arrière-pensée sexuelle mais d’autres touristes feront aisément le lien, puis franchiront le pas...
En effet, au bout du monde, tout redevient possible, notamment braver une série d’interdits. Autre exemple : un touriste perdu au milieu de son groupe confiera peut-être son destin au guide ou à l’agence de voyage mais, en même temps, il s’autorisera des pratiques qu’il s’interdit d’habitude chez lui. Comme se baigner nu sur une plage en Malaisie, entouré de pêcheurs musulmans offusqués, ou encore flirter avec une gamine venue s’attabler avec lui pour lui vendre des cigarettes ou des bibelots dans un restaurant au Vietnam...
C’est souvent de la sorte que commence pour le touriste lambda, loin de chez lui, ce qui serait totalement impensable sur ses propres terres. Cette aspiration à la transformation de soi est d’autant plus aisée pour les touristes – organisés ou non – que la déresponsabilisation en voyage s’est installée dans leur esprit... Pour le touriste organisé, l’Autre – l’« indigène », disait-on du temps des colonies – est le serviteur touristique, dont le rôle consiste à être exploité.
Le touriste sexuel se débarrasse souvent de toute responsabilité humaine puisque, par l’intermédiaire d’une transaction financière, il se sent libéré du besoin de s’occuper de l’Autre : il ne ressent plus ni la contrainte de le respecter, ni même celle de lui procurer du plaisir. En payant pour un service, sexuel en l’occurrence, il achète la liberté d’une personne sur laquelle, un temps compté, il a tous les droits. Y compris celui de réduire cette personne à l’état de « bien » marchand.
Il n’a pas besoin de ménager sa proie, contrainte à la soumission, dont il peut disposer à sa guise, sans la crainte de se faire renvoyer ou de se voir puni par une autorité. Le client est roi. En vacances tout particulièrement. Le client-touriste est donc seul maître à bord, l’Autre ayant été ravalé à la condition d’esclave sexuel, qu’il soit d’ailleurs bien ou mal traité par son maître du moment.
On le voit, entre le touriste organisé et le touriste sexuel, les différences sont grandes, mais le passage de l’un à l’autre est parfois étonnamment facile. « En général, explique Paola Monzini, le sexe payant est devenu une composante plus ou moins visible du tourisme de masse (5). » Pourtant, la plupart des touristes sexuels opèrent en solo.
Essentiellement pour deux raisons : la peur de se faire repérer, puis dénoncer, et l’égocentrisme évident de l’abuseur.
Un touriste organisé peut-il se muer en touriste sexuel ? Oui, s’il s’accommode trop facilement d’une tendance actuelle à rester dans le coup, entre culte du corps et jeunisme, sur fond d’appétence sexuelle et de malaise civilisationnel (6). On retrouve, par exemple, l’archétype de ce type de vacancier minable dans le personnage central du roman Plateforme de Michel Houellebecq (7), où le plongeon dans le sexe et le voyage permet au touriste quelconque d’avoir l’impression d’être quelqu’un d’autre que l’employé soumis et l’homme sans qualités qu’il est dans sa morne vie quotidienne. En Occident, le tourisme sexuel reste représenté de deux manières beaucoup trop simplistes et incomplètes, d’un côté le misérabilisme, de l’autre l’angélisme.
Cinq raisons principales sont à l’origine de l’essor du tourisme sexuel de masse : la paupérisation croissante ; la libéralisation des marchés sexuels encourageant plus ou moins directement la traite aux fins de prostitution ; la persistance de sociétés patriarcales et sexistes ; la dégradation de l’image de la femme sur fond de violence sexuelle généralisée et banalisée ; et l’explosion du tourisme international et des flux de migrants en tout genre. Cet essor a été stimulé par deux caractéristiques de nos sociétés : premièrement, la « démocratisation » des flux de voyageurs (des masses de touristes circulant dans tous les sens) ; deuxièmement, l’hypersexualité des jeunes entretenue par des médias obsédés par la violence sexuelle. Il se nourrit aussi de la rencontre entre la misère et la beauté du monde. Misère et beauté attestent de la coupure qui régit l’ordre inégal de la planète. Misère affective au Nord, misère économique au Sud et à l’Est ; « beauté » des biens matériels de consommation au Nord, beauté des paysages et des personnes, mais aussi de la spiritualité, du mode de vie et des « traditions » au Sud et à l’Est.
A la suite de la déclaration de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) sur la prévention du tourisme sexuel organisé (8), adoptée au Caire en octobre 1995, qui a sensibilisé les acteurs du tourisme et l’ensemble des clients-voyageurs à ce fléau global (qui ne concerne pas seulement les enfants), la lutte contre le « tourisme sexuel de masse » a commencé à s’organiser.
(1) Sur la tragédie de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins touristiques, cf. Jeremy Seabrook, En finir avec le tourisme sexuel impliquant les enfants. L’application des lois extraterritoriales, L’Harmattan, Paris, 2002.
(2) A propos de la marchandisation sexuelle des corps, cf. Richard Poulin, La Mondialisation des industries du sexe, Imago, Paris, 2005.
(3) Cf. Michela Marzano, Malaise dans la sexualité. Le piège de la pornographie, Jean-Claude Lattès, Paris, 2006.
(4) Cf. Mona Chollet, « Qui profite de la prostitution ? », Le Monde diplomatique, juillet 2006.
(5) Sex Traffic. Prostitution, crime and exploitation, Zed Books, Londres, 2005.
(6) Cf. notamment le dossier de la revue Téoros, « Tourisme et sexualité », Montréal, vol. 22, no 1, printemps 2003.
(7) Michel Houellebecq, Plateforme, Flammarion, Paris, 2001.
Extraits d'un texte s'adressant aux enfants, où leurs droits issus la Convention internationale des droits de l'enfant sont présentés. À faire lire à vos petits chéris sans faute !
DROIT A UN NOM, DROIT A UNE FAMILLE
Dès sa naissance, chaque enfant a le droit de recevoir un nom et un prénom.
- Si des parents sont divorcés, la mère n'a pas le droit d'interdire à l'enfant de voir son père, et vice-versa (sauf bien sûr si la justice le juge nécessaire, pour des raisons très particulières).
- Pour des raisons diverses (décès des parents, guerres, abandons), l'enfant peut se retrouver seul. Dans ce cas, la Convention prévoit que l'Etat doit veiller à lui trouver une nouvelle famille pour y grandir et s'épanouir.
DROIT A LA SANTE, DROIT A L'ALIMENTATION
- Chaque année, 7 millions d'enfants meurent de rougeole, de pneumonie ou de diarrhées. Pourtant, ce sont des maladies qu'on sait éviter et soigner. Il existe des vaccins, des médicaments.
- Aujourd'hui encore des milliers d'enfants sont victimes de la malnutrition : cela veut dire qu'ils n'ont pas assez à manger, souvent à cause de guerres ou de famines.
- Les Etats doivent tout faire pour lutter contre la maladie et la malnutrition, permettre l'accès de tous à la médecine, informer les parents et les aider à soigner et nourrir correctement leurs enfants. DROIT A L'EDUCATION
- La convention internationale des droits de l'enfant dit : " L'enseignement primaire est obligatoire et gratuit pour tous".
Pourtant, les organisations internationales constatent que, en l'an 2000, près de 200 millions d'enfants n'ont pas accès à l'école ! Les pays en voie de développement sont les plus touchés par ce phénomène.
- En plus de lui apprendre à lire, écrire et compter, l'école doit apprendre à l'enfant la vie en communauté, le respect des autres. Surtout, elle doit l'aider à développer sa personnalité DROIT AU RESPECT SANS DISTINCTION DE RACE, DE COULEUR, DE RELIGION
Des millions d'enfants n'ont pas les mêmes droits que les autres, parce que leur couleur de peau, leur religion, leur nationalité sont différentes.
- Dans les états où il existe des minorités, un enfant appartenant à une de ces minorités doit avoir le droit de pratiquer sa propre religion, d'employer sa propre langue etc.
- Ces droits ne sont malheureusement pas toujours respectés : En Espagne, seulement un quart des enfants gitans sont scolarisés. Aux Etats Unis, les livres et les dessins animés les présentent encore comme des voleurs et des vagabonds.
- Dans certains pays, ce n'est pas pareil de naître fille ou garçon : les fillettes sont parfois moins bien nourries, soignées ou habillées que les garçons. Et souvent, elles vont moins longtemps à l'école PROTECTION CONTRE LES MAUVAIS TRAITEMENTS ET LES VIOLENCES
De nombreux enfants, aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres, subissent de mauvais traitements qui ont des répercussions importantes sur leur état de santé et sur leur développement. Dans la plupart des cas, cette violence vient de leur famille, de leur proche entourage.
- La convention internationale des droits de l'enfant dit :
- " Les Etats protègent l'enfant contre toutes les formes de violence, d'atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation. (…)"
- Les formes de violences sont très différentes : la plupart du temps, les enfants maltraités sont privés de nourriture ou de soins, reçoivent fréquemment des coups de pied, des coups de ceinture… Il sont parfois même longuement enfermés dans des placards ou à la cave. PROTECTION CONTRE LE TRAVAIL FORCE
L'organisation des Nations unies estime que dans le monde, au moins 200 millions d'enfants travaillent.
- La pauvreté est la cause essentielle de ce phénomène, qu'on ne rencontre pas que dans les pays en voie de développement (même si ce sont les plus touchés). En Europe, par exemple en Italie, en Allemagne, au Portugal, il y a plus d'un million d'enfants qui travaillent.
Par exemple au Burkina Faso (Afrique), au Bhoutan (Asie), et au Mali, plus de 50% des enfants travaillent (chiffres du BIT - Bureau international du travail, situé à Genève). Au Bangladesh, ce chiffre est de plus de 30 %, comme au Sénégal, en Ouganda et au Timor (plus de 40%) et dans bien d'autres pays encore...
Dans les pays en voie de développement, la pauvreté y est telle que le maigre salaire de ces enfants est indispensable pour assurer sa survie et celle de sa famille.
DROIT A LA LIBERTE D'EXPRESSION ET D'ASSOCIATION
- La convention internationale des droits de l'enfant dit :
- " L'enfant a le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant."- " L'enfant a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées [...] sous une forme orale ou écrite, ou par tout autre moyen de son choix."- " L'enfant a droit à la liberté d'association et à la liberté de réunion pacifique."LA PROTECTION DES ENFANTS HANDICAPES
Certains enfants souffrent de handicaps physiques ou mentaux, qui les rendent plus particulièrement fragiles...
- La convention internationale des droits de l'enfant dit : " Les enfants mentalement ou physiquement handicapés doivent mener une vie pleine et décente dans des conditions qui garantissent leur dignité, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active à la vie de la collectivité."
LES ENFANTS FACE A LA GUERRE
Aujourd'hui, il y aurait dans le monde plus de 15 000 enfants soldats.
- La convention internationale des droits de l'enfant dit : "Les Etats ne doivent pas enrôler dans leurs forces armées toute personne n'ayant pas atteint l'âge de 15 ans."
- Enrôlés de forces ou massacrés avec leur famille, les enfants sont toujours les premières victimes, parce qu'ils sont plus faibles.
Au Cambodge, alors que la guerre est terminée depuis longtemps, les enfants continuent d'être quotidiennement victimes des mines antipersonnel. LA CONVENTION EN QUESTION
Bien que la grande majorité des Etats du monde se soit engagés à respecter et faire appliquer la Convention des droits de l'enfant (191 états sur 193 à ce jour), cela ne signifie malheureusement pas que la situation des enfants ait radicalement changé.
Elle s'est même détériorée, y compris dans de nombreux pays riches.
- La pauvreté augmentent dans les pays riches : 5 enfants sur 100 vivent dans une situation de pauvreté en Europe occidentale, 10 sur 100 en Australie, au Canada et en Grande Bretagne, 20 sur 100 aux Etats Unis.
.* Une femme meurt toutes les minutes des causes dues à une grossesse. 61% des décès maternels ont lieu surviennent après l'accouchement.
* Les MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) atteignent 5 fois plus de femmes que d'hommes.
* Dans le monde entier, 130 000 000 de fillettes et de jeunes femmes ont subi la Mutilation Génitale Féminine (MGF).
* A l'échelle de la planète, au moins 1/3 des femmes ont été battues, contraintes à des rapports sexuels ou maltraitées de quelque autre manière, la plus souvent par une personne de sa connaissance (mari, membre masculin de la famille). Près de 50% des femmes dans le monde ont été battues ou maltraitées physiquement à un certain moment de leur vie par leur partenaire. Une femme sur quatre est maltraitée durant la grossesse.
* On évalue à 4 000 000 par an, dans le monde entier, le nombre de femmes et de fillettes achetées et vendues à un mari, un proxénète ou un marchand d'esclaves.
* Les 2/3 des 300 000 000 d'enfants qui n'ont pas accès à l'éducation sont des filles et les 2/3 des 880 000 000 d'analphabètes sont des femmes.
* 2 000 000 de fillettes âgées de 5 à 15 ans sont livrées chaque année à la prostitution.
* Aux États-Unis, une femme est battues toutes les 15 secondes par son partenaire.
* D'après la banque mondiale, dans les pays industrialisés, agressions et violences sexuelles privent les femmes de 15 à 44 ans de près d'une année de vie en bonne santé sur 5.
* Au Canada, les coûts sanitaires de la violence contre les femmes s'élèvent chaque année à 900 000 000 de dollars. Aux Etats-Unis, l'impact de la violence à l'égard des femmes sur l'économie s'élève à 4 Milliards de Dollars.
* Dans 22 pays africains, et neuf pays asiatiques, le taux de scolarisation des filles est de 80% inférieur à celui des garçons.
* Dans une douzaine de pays, aucune femme ne siège encore au parlement et, dans 8, au moins, elles n'ont pas le droit de vote.
* Plusieurs autres pays en développement ont vu la place des femmes au parlement augmenter très nettement au cours des 25 dernières années, à savoir l'Ouganda (de 1 % à 18 %), l'Équateur (de 1 % à 17 %), les Bahamas (de 4 % à 20 %) et la Barbade (de 4 % à 20 %).
* Les femmes occupent 30 % au moins des postes de niveau ministériel dans six pays seulement : Barbade, Érythrée, Finlande, Liechtenstein, Seychelles et Suède. Dans 10 autres pays d'Europe occidentale et des Caraïbes, cette proportion est comprise entre 20 % et 30 %.
* Une augmentation de 1% de la scolarisation secondaire des filles se traduirait par une augmentation de 0,3% de la croissance économique.
C'est en 1945 que l'égalité des
femmes et des hommes a été admise en tant que principe fondamental
de la personne à travers l'adoption générale de la charte des
Nations Unies. En 1979, la communauté internationale décidait
de remettre en question et d'éliminer la discrimination sexuelle
qui s'exerçait contre les femmes en adoptant la CEDEF (Convention
pour l'Elimination de toutes formes de Discrimination à l'Egard
des Femmes) ou CEDAW.
Derrière ces actions et ces avancées timides se cachent, à l'évidence
pour les femmes, des années de luttes et d'acharnement pour
faire valoir leurs droits et le respect de leur personne. Des
années où la communauté mondiale dirigeante, à grande majorité
masculine, a pris lentement conscience de la condition de la
femme dans le monde et a instauré des mesures, parfois volontaires,
souvent sous la pression des ONG et sans conviction, qui ont
permis, cependant, de dresser la liste des causes et des effets
qui ont conduit directement à une discrimination dont les femmes
sont les victimes génériques depuis des millénaires. La multiplication de ces actions a conduit certains
pays à réviser leur constitution. Ainsi, plus des deux tiers
des pays du monde, dont presque tous les pays d'Amérique Latine,
ont modifié leur législation de manière à améliorer l'accès
des femmes aux ressources, à favoriser leur accès à l'éducation,
aux services sanitaires et à accroître leur rôle dans la cellule
familiale. Certains pays ont adopté et autorisé l'utilisation
de contraceptifs avec suivi et soins médicaux spécifiques. Il
s'agit notamment du Pérou, du Brésil, de la Thaïlande, du Paraguay,
du Japon et du Cambodge…
L'amélioration de la condition de
la femme a touché d'autres pays comme l'Albanie, le Burkina
Faso, l'Équateur, Fidji, Madagascar, la Pologne et le Soudan
qui ont adopté ou révisé leur Constitution de manière à interdire
la discrimination fondée sur le sexe. La France, de son côté,
a amendé sa Constitution de manière à promouvoir l'accès égal
des femmes et des hommes aux charges électives. L'Afrique
du sud a prescrit l'égalité de statut des époux dans les mariages
coutumiers. Même le Pakistan, reconnu comme un des pays les
plus discriminatoires, voire meurtrier, à l'égard des femmes,
a décidé, par l'intermédiaire de la Haute Cour de Lahore que
le mariage ne pouvait être valide sans le consentement des deux
futurs époux et qu'un tuteur n'avait plus le droit de donner
son consentement au nom de la femme sans son approbation.
Chose étonnante,
malgré toutes ces démarches planétaires, il apparaît clairement
que les avancées efficaces en matière de droits des femmes ne
s'effectuent pas à l'échelle nationale ou même internationale
mais sont le résultat d'actions isolées menées à l'échelle locale
des régions, villes et villages. C'est le cas de plusieurs petits
villages d'Afrique qui ont vu, grâce à une initiative de la
Croix Rouge et d'autres ONG, leur vie changer à partir du moment
où les femmes ont commencé à être plus indépendantes, à la fois
intellectuellement et financièrement.
Par ailleurs, certaines
campagnes d'ONG ont eu un succès inespéré grâce à l'apport informatif
et communicatif de l'Internet. En effet, en Inde, lorsque des
membres d'un mouvement militant contre l'exploitation sexuelle,
le viol, les meurtres liés à la dot, ont été mis en prison,
une alerte lancée sur Internet a contribué à faire suspendre
leur procès. Plusieurs campagnes ont vu le jour sur Internet,
notamment en ce qui concerne la journée de la femme, mondialement
connue, et qui a déjà attiré l'attention du monde entier sur
les conditions de vie des femmes afghanes, pakistanaises et
africaines. L'Internet apparaît comme un moyen puissant pour
faire pression sur les gouvernements velléitaires en matière
de respect des droits fondamentaux des femmes.
Car, il faut
bien le dire, malgré les efforts incessants de milliers de personnes
investies dans cette action en faveur des femmes, les chiffres
qui reflètent la réalité de leur vie recèlent un caractère inquiétant
! Une évaluation des progrès réalisés due au Fonds de développement
des Nations-Unies pour la femme (UNIFEM) donne à réfléchir :
"Jusqu'à présent, six pays seulement réunissent les caractéristiques
suivantes : égalité à peu près complète entre les sexes dans
la scolarisation secondaire, occupation par les femmes de 30
% au moins des sièges de parlement ou législature, exercice
par les femmes de près de 50 % des emplois rétribués dans les
activités autres qu'agricoles".
Quelles que soient les lois adoptées, l'évolution des
droits des femmes est entièrement dépendante du comportement
privé et surtout de celui des hommes, en fonction du niveau
qu'atteint la culture patriarcale dans leur pays.
En fin de compte, c'est un travail de rééducation
au niveau des individus qu'il faut commencer, un par un s'il
le faut, car le préjudice psychique et physique causé aux femmes
est tellement grand qu'il demandera sans doute d'aller parler
au cœur de chaque être…
A l'heure actuelle, dans le monde
entier, des études ont montré que ce sont toujours les mêmes
types de situations qui sont à l'origine d'actes de violence
à leur égard : le fait de désobéir au mari, répondre à ses observations,
refuser les rapports sexuels, ne pas servir à manger au moment
où il le désire, négliger les soins portés aux enfants, négliger
les travaux domestiques, se déplacer sans sa permission, soupçons.
Cette attitude extrêmement discriminatoire est aussi conditionnée
par l'image attendue de ce que doit être un "vrai homme" qui
subsiste dans certaines sociétés : un être qui affirme ses désirs,
qui ne doit donner aucun signe de faiblesse, qui pourvoit aux besoins du ménage mais ne doit rendre aucun
compte de ses dépenses (contrairement aux femmes).
Pourtant,
force est de constater que, dans bon nombre de pays, ces stéréotypes
ne correspondent plus à la réalité. Voilà près de trois générations
que le rôle de l'homme, en tant que maître du foyer, a changé
et a évolué vers plus de partage des tâches et des responsabilités. La prise de conscience des hommes sur le rôle et la responsabilité
qu'ils ont sur la santé physique et psychique des femmes jettera
un faisceau de lumière sur cette ombre encore épaisse qui stagne
au-dessus de leur tête et de leur cœur.
Le cinéma indien est sous-estimé. Une fois le choc culturel passé, tout Occidental passionné de 7e art appréciera la mise en scène ingénieuse et précise, la facture visuelle «luxuriante» et les acteurs talentueux et énergiques. Mais bon, côté scénario...
Nouveaux DVD édités en France : « Le meilleur de Bollywood »...3ème partie
Depuis le 6 mars 2007, les amateurs de Bollywood
peuvent élargir leur collection en se rendant chez tout bon
distributeur de DVD : Bodega édite ou réédite les DVD de quatre
titres : la grande nouveauté est Black. L’autre innovation est le doublage de La Famille indienne en français. Les deux autres : Kuch Kuch Hota Hai et New York Masala, étaient déjà dans les bacs. Ils sont tous réunis pour une offre promotionnelle : en achetant un de
ces DVD, vous pouvez recevoir un DVD des autres titres de la
collection, moyennant 5 € (offre valable jusqu’au 21 décembre 2007).
Le
Comité des droits de l’homme de l’ONU blâme sévèrement le Canada pour
le traitement infligé aux femmes autochtones et aux détenues (extraits)
par l’AFAI
Ottawa, le 3 novembre
2005 - La discrimination envers les femmes autochtones et les détenues,
et les répercussions négatives sur les femmes des coupures à
l’aide sociale et aux programmes sociaux, ont inspiré de sévères
critiques au Comité des droits de l’homme des Nations Unies qui vient
de
compléter son cinquième examen de l’observation par le Canada du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques.
« Le Comité blâme sévèrement le Canada pour le traitement infligé aux
femmes autochtones », déclare Beverley Jacobs, présidente de
l’Association des femmes autochtones du Canada. « Ces mots décrivent
bien la situation, étant donné l’ampleur de l’analyse du comité. »
« Le Comité reconnaît l’omission du Canada de protéger les femmes
autochtones de la violence, de remédier à la pauvreté des femmes
autochtones et de corriger la discrimination patente inscrite dans les
lois », dit Sharon McIvor, de l’Alliance féministe pour l’action
internationale. « La discrimination inhérente aux lois, qui perdure
depuis des décennies, affecte la capacité des femmes indiennes à
transmettre leur statut et leurs privilèges de membres vivant dans les
réserves à leurs enfants et petits-enfants et les prive d’accès à leurs
droits relatifs au foyer conjugal et de la protection de leurs droits
humains fondamentaux. »
« Le Comité est également gravement préoccupé par le traitement que le
Canada inflige aux détenues », déclare Kim Pate de l’Association
canadienne des sociétés Elizabeth Fry. « Il exhorte le Canada à
pleinement mettre en oeuvre les recommandations de la Commission
canadienne des droits de la personne et d’en faire rapport au Comité
dans un an. Il insiste sur la nécessité d’empêcher tout contact direct
entre le personnel masculin et les détenues, de limiter le recours à
l’isolement et de mettre immédiatement sur pied un organisme externe
indépendant de réparation et de règlement judiciaire des différends pour
les femmes purgeant une peine de ressort fédéral. La mise en application
de ces recommandations est essentielle pour remédier au traitement
discriminatoire que subissent actuellement les détenues. Le Canada doit
agir sans délai. » « Le Comité a également réitéré ses préoccupations en regard des
répercussions négatives sur les femmes, les enfants et les autres
groupes vulnérables, y compris les afro-canadiens, des coupures à l’aide
sociale et aux programmes sociaux », a fait remarquer Margaret Parsons
de la African-Canadian Legal Clinic. « Le Comité demande au Canada de
s’assurer que les coupures ne nuisent pas aux femmes, aux peuples
autochtones et aux Afro-Canadiens. » « Le Comité a également exprimé des préoccupations particulières quant
aux coupures drastiques imposées à la Colombie-Britannique », dit
Shelagh Day, de l’Alliance féministe pour l’action internationale. « Ses
recommandations arrivent à un moment où les prestations d’aide sociale
n’ont jamais été aussi faibles dans l’ensemble du pays et où sont
affectées la sécurité et l’égalité des personnes les plus pauvres - qui
sont disproportionnellement des femmes et des personnes racisées ou
vivant avec des incapacités. Les droits de la personne que le Canada a
ratifiés ne sont tout simplement pas compatibles avec l’érosion des
protections sociales. Cela doit cesser. » Shelagh Day déclare : « Le Comité s’inquiète beaucoup du fait que le
Canada ne dispose d’aucune procédure destinée à superviser la mise en
application des droits inscrits dans le Pacte et à corriger les
irrégularités identifiées par les organes de suivi des traités. Nous
voulons voir le Canada instaurer de nouvelles procédures transparentes
rendant les gouvernements entièrement responsables envers la population
canadienne de la mise en application des droits de la personne. »
Mis en ligne sur Sisyphe, le 3 novembre 2005.
Des
voix plus fortes pour les pauvres, une croissance et une stabilité
économiques favorables aux pauvres, des services sociaux de base pour
tous, des marchés ouverts pour le commerce et la technologie et un
volume suffisant de ressources pour le développement, bien utilisé
La
République de Corée, la Malaisie et le Maroc appartiennent à un petit
groupe de pays qui, en moins d'une génération, ont réussi à réduire de
moitié la proportion de leur population vivant dans la pauvreté. En
Inde, les États de l'Haryana, du Kerala et du Penjab ont obtenu le même
résultat. Une douzaine d'autres pays — dont le Botswana et la Maurice —
ont réussi à réduire la pauvreté de 25 % ou plus en une génération.
D'autres pays peuvent tirer d'importantes leçons de l'expérience de ces
pays, car ce qui a été fait par les uns peut être fait par d'autres.
Une voix et des choix pour les pauvres
Pour
commencer, il faut donner des moyens d'action aux pauvres — offrir des
possibilités aux femmes, ouvrir l'espace politique pour permettre aux
pauvres de s'organiser. La démocratisation doit aller au-delà du
gouvernement par la majorité et inclure les minorités dans tous les
aspects de la vie politique — au niveau du gouvernement, du pouvoir
législatif, de la fonction publique et des autorités locales. Ce type
de démocratie ouverte à la participation de tous favorise
l'indépendance du pouvoir judiciaire, l'ouverture de la société civile
et la liberté des médias — ce qui peut assurer le respect des droits de
l'homme et obliger les gouvernements à tenir leurs promesses et à
rendre compte de leurs actions.
Un
gouvernement juste et honnête favorise — et même incarne — des
institutions juridiques et économiques solides. Des juges corrompus,
des réglementations bancaires inadéquates, des services publics
désorganisés, une participation limitée de la communauté sont autant de
facteurs de gaspillage des ressources destinées au développement. Si la
capacité administrative est adéquate, une participation locale accrue à
la gestion des services sociaux peut augmenter considérablement
l'efficacité de ces services. Par ailleurs, en simplifiant les règles
commerciales, on peut réduire les possibilités de corruption et
promouvoir une accélération de la croissance et la réduction de la
pauvreté.
L'engagement
à respecter les droits fondamentaux de la personne humaine et la
primauté du droit est une condition préalable essentielle au
développement durable. La moitié des pays du monde ont ratifié les six
conventions relatives aux droits de l'homme — contre un dixième il y a
10 ans seulement. Ceci est important car les pays qui ont ratifié ces
instruments sont tenus de rendre compte de leurs actions.
Croissance favorable aux pauvres
La
croissance économique en soi ne garantit pas la réduction de la
pauvreté — c'est un facteur absolument essentiel pour la soutenir à
long terme. Il faut aussi que cette croissance soit favorable aux
pauvres. Comment? Il faut qu'elle crée davantage de possibilités
d'emploi productif et bien rémunéré pour les pauvres. Il faut qu'elle
donne aux pauvres un accès plus large aux ressources pour qu'ils
puissent exploiter leur potentiel productif et subvenir à leurs
besoins. Il faut aussi qu'elle soit équitable et crée de meilleures
possibilités pour les femmes pauvres. Des mesures devront donc être
prises pour renforcer les droits fonciers des femmes, accroître leur
pouvoir de négociation et élargir leur accès au crédit, à la formation
et aux technologies nouvelles.
Il
importe que la croissance favorable aux pauvres s'accélère sensiblement
dans de nombreux pays, en particulier dans les 30 pays en développement
dont le revenu réel par habitant est inférieur aujourd'hui à ce qu'il
était il y a 35 ans. Une croissance de ce type nécessite un
accroissement de la production chez les pauvres eux-mêmes : grâce à des
augmentations de la productivité des petits exploitants agricoles; aux
petites entreprises, en zone rurale comme en zone urbaine; aux
producteurs du secteur informel; et à de nombreux hommes et femmes qui
fournissent une multitude de petits services.
Les
politiques économiques doivent aussi être rationnelles, bien
équilibrées et viables à long terme. Il faudra à cette fin renforcer
les institutions nationales de manière à créer les capacités
nécessaires à la mise en oeuvre des politiques économiques et sociales
appropriées.
Tous
les efforts entrepris doivent être guidés par un souci d'équité, afin
que tous les groupes de la société progressent. Mais ce souci d'équité
s'étend aussi aux générations futures. Ceci signifie que la croissance
économique doit être viable — et que notre action sur l'environnement
aujourd'hui ne porte pas atteinte aux ressources naturelles nécessaires
à la vie des générations futures sur notre planète.
Prestation de services sociaux de base pour tous
Les
politiques doivent dépasser les considérations purement économiques
pour se concentrer sur les besoins des pauvres — afin de garantir des
normes sociales minimales et l'accès universel aux services sociaux de
base. Les pays doivent investir dans l'éducation — en particulier celle
des filles, secteur qui représente l'un des taux de rentabilité les
plus élevés en ce qui concerne le développement. Ils doivent également
fournir des services efficaces et de qualité aux groupes déshérités —
soins de santé, eau, assainissement et autres services de base. Des
mesures doivent être prises à cette fin pour réduire la malnutrition,
une attention particulière devant être accordée aux femmes en âge de
procréer et aux jeunes enfants. Les pays doivent aussi mettre en place
des filets de sécurité pour les groupes vulnérables en période de crise.
Un pays
qui investit dans les services de santé et d'éducation de base
manifeste sa volonté de promouvoir un développement à long terme. Au
Sommet mondial pour le | développement social tenu à Copenhague en
1995, les dirigeants du monde entier ont suggéré qu'environ 20 % des
budgets nationaux et 20 % de l'aide publique au développement soient
alloués aux services sociaux de base. L'objectif était de permettre aux
pays de se doter d'une main-d'oeuvre bien éduquée et en bonne santé qui
puisse soutenir la concurrence sur le marché mondial. Bien que la part
des dépenses budgétaires consacrées aux services sociaux de base ait
récemment augmenté dans de nombreux pays, comme la République
dominicaine, le Guatemala, le Malawi et la Namibie, rares sont les pays
en développement ou les donateurs qui ont atteint les objectifs
suggérés.
Ouverture des marchés aux échanges, à la technologie et aux idées
La
mondialisation offre d'immenses possibilités aux pays en développement
— de meilleurs moyens d'utiliser les connaissances mondiales, des
technologies plus perfectionnées pour fournir des biens et des
services, un accès plus large aux marchés mondiaux. Mais pour tirer
avantage de ces possibilités, des mesures doivent être prises. Les pays
doivent réduire leurs tarifs douaniers et autres barrières commerciales
et réorganiser les systèmes régissant les courants d'importation et
d'exportation et les mouvements de capitaux. Ils doivent également
contrôler leurs taux d'inflation et gérer les taux d'intérêt et les
taux de change, afin d'être perçus comme offrant un environnement
propice aux affaires. Ils doivent aussi poursuivre des politiques
cohérentes — pour être crédibles auprès des investisseurs, tant locaux
qu'étrangers. Les pays à revenu élevé ont eux aussi un rôle à jouer —
ils doivent réduire les droits de douane, éliminer les autres obstacles
entravant les importations en provenance des pays en développement et
fournir une assistance pour renforcer les capacités permettant de
commercer avec efficacité.
Toutefois,
tous les pays ne sont pas en mesure de tirer parti de ces avantages
potentiels. Subissant les conséquences de politiques inefficaces menées
dans le passé et de performances décevantes, un trop grand nombre sont
marginalisés dans le commerce, les finances, la technologie, les idées
— précisément les secteurs qui pourraient les aider à se développer et
à lutter contre la pauvreté.
Au
cours des 40 dernières années, le commerce s'est développé plus
rapidement que la production mondiale. Mais les pays dont l'économie
est fortement protégée et ceux qui sont tributaires des exportations de
produits de base n'ont pas progressé au même rythme ou ont souffert des
fluctuations des prix. Un plus grand nombre de pays reconnaissent
désormais les avantages de l'ouverture des marchés, qui favorise leurs
exportations et accroît leur capacité d'importation.
Le coût
des télécommunications a fortement baissé au cours des 20 dernières
années, offrant la possibilité, par exemple, à des personnes se livrant
au commerce du cacao au Ghana, qui doivent connaître les cours
mondiaux, d'utiliser des téléphones cellulaires. Et maintenant,
l'Internet offre le courrier électronique, la formation en ligne et
d'innombrables ressources sur le Web. Ces ressources sont devenues
réalité pour certains, mais il est évident qu'elles ne le sont pas pour
le plus grand nombre. Il est donc indispensable de connecter tous les
groupes de la société civile et toutes les entreprises des pays en
développement aux réseaux qui ont tant à offrir. Cela exigera
d'effectuer des investissements considérables dans le secteur des
télécommunications.
Utilisation efficace et équitable des ressources aux fins du développement
Le
développement exige des ressources financières. Une grande partie
provient de l'épargne privée et une autre partie de l'épargne publique.
Les facteurs qui ont accéléré la croissance de nombreux pays d'Asie de
l'Est sont leurs taux d'épargne élevés, souvent plus de 30 % du PNB.
Cela leur a permis d'investir dans les infrastructures et les services
sociaux. De nombreux pays africains, par contre, ont enregistré des
taux d'épargne de 10 à 15 % du revenu national seulement, trop faibles
pour soutenir suffisamment la croissance et sortir leurs populations de
la pauvreté.
Il est
essentiel que les pays dépensent avec prudence — pour financer la
prestation de services de base pour les pauvres et non pas pour des
services subventionnés à l'intention des riches, et effectuent des
investissements rationnels aux fins du développement. La manière dont
les gouvernements dépensent leur argent est aussi importante que
l'objet de leurs dépenses. L'instabilité et l'imprévisibilité des
dépenses publiques entravent les progrès dans la lutte contre la
pauvreté. La compétence des fonctionnaires recrutés par le gouvernement
joue également un rôle important. Les gouvernements qui recrutent et
accordent des promotions au mérite obtiennent de meilleurs résultats
que ceux qui offrent les meilleurs emplois à leurs amis et alliés
politiques.
L'aide
extérieure joue un rôle important dans la promotion du développement,
en particulier dans les pays pauvres. On reconnaît de plus en plus que,
pour obtenir des résultats satisfaisants, il est essentiel que les pays
exercent un contrôle sur leurs politiques de développement et jouent un
rôle décisif dans l'exécution de leurs programmes de développement, et
que les procédures appliquées et les rapports requis par les donateurs
doivent être coordonnés et harmonisés afin de réduire les charges
administratives. Les donateurs et les institutions internationales de
financement travaillent maintenant en collaboration plus étroite avec
les pays en développement sur les stratégies de lutte contre la
pauvreté élaborées dans le cadre d'un processus participatoire et
dirigées par les pays. Ils deviennent aussi plus sélectifs dans le type
d'aide qu'ils fournissent à un pays, veillant davantage à ce qu'elle
soit adaptée aux priorités du pays en question et aux besoins locaux.
Les
donateurs prennent conscience de la nécessité d'établir des
partenariats stratégiques capitalisant sur les points forts de chaque
partenaire, reflétant des buts et objectifs communs et tirant parti des
acquis. Travaillant en collaboration avec les pays en développement,
les pays à revenu élevé doivent accroître leur aide. Ils doivent aussi
procéder à des allégements de dette plus importants et plus rapides.
Ils doivent faciliter l'accès à leurs marchés, y compris un accès en
franchise de droits hors quota aux pays pauvres. Ils doivent également
financer des programmes intéressant de nombreux pays, comme la
recherche sur les vaccins contre les maladies tropicales. Ce sont des
conditions essentielles pour promouvoir la croissance et réduire la
pauvreté dans les pays les plus pauvres et les moins avancés. Ces
conditions sont également indispensables pour réduire la souffrance
humaine et le nombre des conflits violents, protéger l'environnement et
endiguer la propagation de menaces mondiales comme le VIH/sida.
Une
mesure que les pays peuvent prendre pour mobiliser davantage de
ressources aux fins du développement est de renforcer leurs capacités
en matière de recouvrement d'impôts, non pas auprès de sources faciles
comme les droits de douane et les licences, qui rendent la répartition
des ressources moins efficace, mais auprès d'une large base
d'imposition équitable. Le système fiscal devrait également être conçu
de manière à ne pas inciter à la corruption.
La
plupart des pays membres de l'OCDE se sont fixés comme objectif 0,7 %
de leur PNB pour l'aide extérieure mais seuls le Danemark, la Norvège,
les Pays-Bas et la Suède l'ont atteint. Pire : la disposition à aider
les pays en développement s'est affaiblie au cours des années 90. En
cinq ans seulement, de 1992 à 1997, l'aide fournie par les pays membres
de l'OCDE est tombée de 0,33 % à 0,22 % du PNB, réduction qui a pris
fin en 1998 et 1999. Les donateurs doivent accroître leur assistance
aux pays pauvres, en particulier à ceux qui l'utilisent de manière
efficace. L'accélération de l'allégement de la dette pour les pays
pauvres les plus fortement endettés aidera à appuyer la mise en oeuvre
de stratégies nationales de lutte contre la pauvreté.
Certaines
régions sont presque entièrement tributaires de l'aide pour leur
financement extérieur. Les apports de capitaux privés peuvent renforcer
considérablement les efforts déployés par les pays en matière de
développement mais ils sont concentrés sur moins de 20 pays en
développement et certains types de financement, comme les obligataires
et les prêts bancaires, peuvent être instables. Les pays doivent créer
les conditions permettant d'attirer les investissements à moyen terme
de l'étranger et au niveau local. Le Mozambique et l'Ouganda commencent
à s'y employer.
Malgré
le redressement économique de la région, un enfant de moins de 15 ans
sur quatre est encore dans l'extrême pauvreté. L'Unicef plaide pour un
meilleur soutien public aux familles.
Un
rapport de l’Unicef sur les pays d’Europe du sud-est et de la
Communauté des Etats indépendants (CEI) révèle de graves disparités
dans la condition des enfants, disparités que dissimulent les moyennes
nationales encourageantes.
En effet, malgré la reprise
économique de ces pays depuis la fin des années 90, un enfant de moins
de 15 ans sur quatre ne subsiste encore aujourd’hui que grâce à des
revenus d’une extrême pauvreté.
Lancé le 18 octobre 2006,
le "Rapport social Innocenti 2006 : comprendre la pauvreté dans les
pays d’Europe du sud-est et de la Communauté des Etats indépendants"
révèle que, bien que le nombre de moins de 15 ans vivant avec moins de
2,15 $ par jour a diminué de 32 à 18 millions entre 1998 et 2003, de
fortes disparités existent entre les enfants en matière de bien-être et
d’égalité des chances : la part des enfants vivant aujourd’hui dans
l’extrême pauvreté s’échelonne de 5% dans quelques pays d’Europe du
sud-est à 80% dans les pays les plus pauvres d’Asie centrale.
L’analyse
de données tirées d’observations rurales et urbaines, de ménages de
différentes tailles et structures, met en évidence des disparités entre
pays qui affectent particulièrement les mineurs dans les familles où il
y a plus de deux enfants.
Marta Santos Pais, directrice du
centre de recherche Innocenti, a déclaré lors du lancement du rapport à
Helsinki, en Finlande : « Un revenu pauvre et la privation ont un
impact très net sur les enfants. Ils affectent leur présent immédiat et
compromettent leur développement sur le long terme. Pour s’attaquer à
la pauvreté et aux inégalités parmi les enfants, les politiques et les
ressources doivent d’urgence être dirigées vers eux ».
Les
progrès pour améliorer d’autres aspects relatifs aux enfants – comme le
taux de mortalité infantile, la fréquentation de garderies et l’accès à
l’eau salubre – ont été faibles. Beaucoup de gouvernements dans la
région n’ont pas pleinement fait profiter les enfants des résultats
économiques. Les niveaux de dépenses publiques en matière de santé et
d’éducation restent dans l’ensemble bas dans de nombreux pays et n’ont
pas augmenté depuis 1998 en dépit du redressement économique.
Les
soutiens directs au revenu, sous la forme de transferts d’Etats pour
les ménages avec enfants, sont largement répandus dans la région,
souvent sous la forme de pensions. Mais ces soutiens ciblés sur les
enfants sont souvent trop modestes pour avoir un impact significatif
sur la réduction de la pauvreté.
Pour Maria Calivis,
directrice du bureau régional de l’Unicef pour l’Europe du centre et de
l’est et la Communauté des Etats indépendants, « La pauvreté des
enfants devrait être la préoccupation numéro un des gouvernements dans
la région. Les enfants continuent d’être placés en institutions : les
chiffrent ne diminuent pas, et ce malgré la baisse du taux de natalité.
L’avenir de la région est indissociablement lié au bien être des
enfants. Il doit y avoir un investissement approprié dans les services
pour enfants ».
Le rapport affirme que l’avenir de la
région dépendra d’une génération en bonne santé et ayant bénéficié d’un
enseignement convenable, ce qui requiert une meilleure utilisation des
ressources et un soutien plus généreux de la communauté internationale.
Pour faire face aux défis que pose la persistance de la
pauvreté des enfants dans la région, le rapport demande aux
gouvernements de travailler dans plusieurs directions :
• Mettre
la priorité sur les enfants dans les politiques et stratégies de réduction de la pauvreté, ce qui suppose rapidement la collecte, l’analyse et la diffusion de données sur la situation des enfants. • Avoir
une dépense publique plus importante et mieux adaptée en faveur des
services sociaux (santé, éducation, infrastructure sociale) ; réformer
les principes des allocations pour s’assurer qu’elles ciblent les
populations qui sont le plus dans le besoin. • Relever et
mieux cibler les transferts sociaux destinés aux familles ayant de
jeunes enfants de façon à leur fournir une protection efficace contre
la pauvreté tout en décourageant le placement en institutions. •Établir
une politique qui mette fin à la pratique largement répandue du placement des enfants, et manifester une volonté ferme de consacrer plus d’efforts politiques et de ressources au soutien social des
familles en crise.
L’Unicef travaille avec les familles
et les communautés de la région pour réduire les conséquences de la
pauvreté. Une politique et des réformes législatives pour protéger tous
les enfants et garantir chacun de leurs droits constituent la pierre
angulaire des programmes que mène l’Unicef avec les gouvernements. Il
s’agit, ici comme ailleurs, de soutenir l’application de la Convention
internationale des droits de l’enfant et de réaliser les Objectifs du
millénaire pour le développement.
L'effondrement du bloc soviétique dans les années 1990 a été marqué par la création de nouveaux États. L'accès à l'indépendance de ceux-ci a représenté un formidable défi, tant pour la population que pour les gouvernements. Afin d'évaluer leur progression, nous avons effectué une recherche comparative entre les pays suivants : l'Arménie, le Bélarus, le Kazakhstan, la Moldavie, l'Ouzbékistan, la Russie, le Tadjikistan et l'Ukraine. L'étude de ces pays a été rendue possible par l'utilisation d'une échelle de mesure commune, soit l'Indice de développement humain des Nations unies (IDH).
L'IDH a été utilisé puisqu'il prend en considération le développement de façon générale et non pas uniquement des données économiques telles que le PIB. Le développement est défini selon trois facteurs: mener une vie longue et saine, accéder à la connaissance et à l'information et bénéficier de ressources assurant un niveau de vie décent (1).
Dans un premier temps, des comparaisons seront établies entre l'Arménie, le Bélarus, le Kazakhstan, la Moldavie, l'Ouzbékistan, la Russie, le Tadjikistan et l'Ukraine. Puis, nous nous demanderons s'il existe une régression ou une amélioration de l'Indice de développement humain de ces pays selon l'échelle utilisée entre 1995 à 2004.
Comparaison entre les pays
Les trois pays les plus avancés selon l'Index du développement humain sont dans l'ordre : la Fédération de Russie (65e rang mondial), le Belarus (67e rang mondial) et l'Ukraine (77e rang mondial). Le Belarus et l'Ukraine possèdent tous les deux des avantages comparativement à d'autres pays, notamment par le dynamisme des échanges commerciaux entre l'Union Européenne et la Fédération de Russie. Leur situation géographique est un avantage, puisque leurs frontières touchent la Lituanie, la Pologne ainsi que la Lettonie pour le Belarus. De plus, ces pays sont bien intégrés dans l'Union Européenne, ceci favorise une stabilité et une transparence entre les échanges des pays (4).
Tandis que pour le Kazakhstan, les richesses en pétrole et en gaz naturel permettent de favoriser une meilleure économie. De plus, l'accord avec la Chine pour la construction d'un oléoduc passant par la mer Caspienne jusqu'en territoire chinois favorise l'indépendance pétrolière. Mais le gouvernement se distingue des autres pays ci-haut, notamment par sa volonté de restreindre la main-d'oeuvre étrangère sur son territoire en favorisant l'emploi de sa population (6).
L'Arménie occupe le 80e rang. Ce pays se distingue des autres puisqu'il a adopté en 2005 des mesures pour enrayer la corruption. Il vit principalement des ressources agricoles, mais ces dernières sont menacées par les nombreux tremblements de terre qui secouent la région (7).
Trente-trois pays séparent l'Arménie de l'Ouzbékistan qui arrive au 113e rang mondial. L'Ouzbékistan est le quatrième producteur mondial de coton. Avec l'aide de la Russie, il effectue des efforts pour rentabiliser ses richesses naturelles en partenariat avec Moscou et Beijing.
La Moldavie est la suivante dans le tableau. Petit pays coincé entre l'Ukraine et la Roumanie, son économie dépend de l'agriculture. Il possède peu d'énergie naturelle, ce qui freine son développement économique (8). La situation économique du Tajikistan (122e rang mondial) a été améliorée grâce notamment à la guerre en Afghanistan qui a favorisé la construction d'infrastructures sur son territoire. Ironiquement, le chaos dans le pays voisin a créé un afflux d'activité économique dans ce pays qui possède la quatrième réserve d'eau mondiale (9).
À la lumière de ces comparaisons, il apparaît évident que la Russie demeure, par son poids démographie et politique, le premier partenaire économique de ces nouveaux pays.
Un IDH en progression ou en régression?
Selon le rapport des Nations unies, les pays de cette région ont connu une amélioration de leur IDH. Il apparaît que l'IDH de ces pays sur la période étudiée présente une évolution sur le long terme pour les populations locales.
Plusieurs pays de l'ex-URSS font face à des problèmes de gouvernance démocratique importants. L'absence de transparence au sein des partis politiques, les entraves à la liberté de presse et l'instabilité de l'économie représentent des facteurs pouvant nuire au développement humain. Même si le bloc soviétique n'est plus, il ne faut pas nier la présence toujours importante de la Russie comme partenaire important de ces nouvelles républiques. Cependant, la Chine est de plus en plus présente dans la région, notamment auprès des pays possédant des ressources énergétiques importantes. On assiste ainsi à un déploiement de Beijing vers ces pays pour la création de projets favorisant son approvisionnement en pétrole ou en gaz naturel. Il sera fort intéressant de découvrir dans un avenir prochain si se sera la Russie ou la Chine qui influenceront le plus ces territoires.
Bibliographie
(1) Social info, dictionnaire de politique de sciences sociales (date de consultation 18 novembre 2006) http://www.socialinfo.ch/cgi-bin/dicoposso/show.cfm?id=418
(2) Ibid.
(3) Banque de Ressources interactives en Sciences Économiques et Sociales ( date de consultation 18 novembre 2006) http://www.brises.org/notion.php/Notion/index/notId24/notBranch/24#
(4) Belarus addressing imbalances in the economy and society ( date de consultation 20 novembre 2006) un.by/pdf/1321_eng.pdf
(5) information sur l'Ukraine :The World Factbook ( date de consultation 19 novembre 2006) https://www.cia.gov/cia/publications/factbook/geos/up.html
(6) information sur le Kazakhstan :The World Factbook ( date de consultation 18 novembre 2006) https://www.cia.gov/cia/publications/factbook/geos/kz.html
(7) information sur l'Arménie : The World Factbook )(date de consultation 18 nombre 2006) https://www.cia.gov/cia/publications/factbook/geos/uz.html
(8) L'aménagement linguistique dans le monde http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/europe/moldavie.htm http://hdr.undp.org/reports/global/2005/pdf/HDR05_chapter_2.pdf
(9) Population database : http://www.un.org/esa/population/publications/WPP2004/2004FrenchES.pdf (date de consultation 18 décembre 2006)
Se transporter, se nourrir, consommer, interagir avec les autres ; autant de gestes que nous
posons au quotidien. Additionnés les uns aux autres, ils contribuent à embellir notre
monde… ou à le ternir.
À chacun de choisir.
Voici 12 gestes simples ayant un impact positif sur l’environnement et la société. Équiterre
vous invite à partager les gestes qui font déjà partie de votre quotidien ainsi
que ceux que vous aimeriez poser.
Joindre la campagne Un geste à la fois c’est affirmer que l’on veut
une planète écologique et une société solidaire; c’est montrer à celles
et ceux qui hésitent qu’ils ne seront pas seuls à agir; c’est poser un
geste pour soi, pour nous et pour la planète; c’est démontrer à tous que
oui, nous pouvons changer le monde!
TRANSPORT ÉCOLOGIQUE Contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air…
1-
En
marchant ou en prenant son vélo pour tous les
déplacements se trouvant dans le voisinage,
par exemple l’épicier, la boulangerie
ou le dépanneur.
2-
En optant pour la marche, le vélo, le taxi, l’autobus, le métro ou le covoiturage plutôt que sa voiture pour se rendre
au travail ou à son lieu d’études.
3- En
utilisant une combinaison de transports collectifs,
de vélo, de marche, de taxi et de location
de voiture qui permettront de se défaire
de sa voiture de façon définitive
ou d’en réduire significativement
son utilisation.
CONSOMMATION SOLIDAIRE ET ÉQUITABLE Ici comme ailleurs,
je participe à une répartition plus
juste des richesse... 4- En remplaçant ses achats de thé, de café, de chocolat, de cacao et de sucre par des produits équivalents certifiés équitables…
5-
En choisissant des entreprises d’économie
sociale comme des OBNL et des coopératives
pour certains de ses achats tels que vêtements,
artisanat et produits d’alimentation.
AGRICULTURE ÉCOLOGIQUE Consommer des aliments qui ont été produits
dans le respect de l’environnement…
6- En achetant des
produits certifiés biologiques
7- En
préparant
un plat composé d’aliments produits par des fermiers ou
des producteurs locaux
8- En
remplaçant un repas de viande conventionnelle
par un autre composé de
viande certifiée biologique ou un repas végétarien.
EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE Économiser sur sa facture énergétique
et aider à la réduction des émissions de gaz à effets de serre… 9- En réduisant le thermostat de trois degrés Celsius au moment de quitter le domicile et durant la nuit.
10- En installant un pommeau de douche à débit réduit et en diminuant de trois minutes la durée de ses douches.
IMPLICATION SOCIALE ET CITOYENNE Je participe au développement
social et démocratique
de ma région ou de mon quartier...
11-
En soutenant la mission d'un organisme à
but non-lucratif, communautaire, ou encore, une
entreprise de réinsertion sociale par des
dons mensuels de temps et/ou d'argent.
12-
En faisant la promotion de choix écologiques
et socialement équitables auprès
de mes représentants élus et de
mes collègues de travail ou d'études.
C'est à trois stades essentiels du développement, à savoir,
la petite enfance, les années d'école primaire et l'adolescence,
que se présentent des occasions inégalées de changer la vie d'une
jeune personne.
En se renforçant mutuellement, les interventions effectués à chacun
de ces stade et le soutien apporté aux enfants permettent d'espérer
que cet engrenage de pauvreté et de sous-développement des enfants
et des femmes, qui se perpétue de génération en génération, sera
enfin brisé.
Cet espoir formidable pourrait même se réaliser en une génération.
Pour y parvenir, l'UNICEF a identifié trois objectifs prioritaires
:
Un bon départ dans la vie.
Tous les bébés doivent commencer leur vie en bonne santé et les
jeunes enfants doivent grandir entourés d'affection, dans un milieu
propice au développement de leurs aptitudes physiques, affectives
et intellectuelles.
Une éducation de base de qualité.
Une éducation de qualité, qui encourage la participation et la
réflexion critique tout en transmettant aux enfants les valeurs
de la paix et de la dignité humaine, peut transformer la société
en une génération. Lorsque leur droit à l'éducation est respecté,
les enfants sont protégés contre de multiples fléaux tels que la
pauvreté chronique, le travail en servitude, le travail domestique
forcé, l'exploitation sexuelle à des fins commerciales ou l'enrôlement
dans l'armée en période de conflit.
Quoique la majorité des enfants du monde soient scolarisés, 110
millions d'entre eux, dont près de 60 % de filles, restent privés
d'instruction. En effet, dans certaines sociétés, on considère que
celles qui sont destinées à être des mères et des épouses n'ont
pas besoin d'aller à l'école.
Tous les enfants doivent avoir accès à une éducation de base dispensée
dans un cadre propre, sans risque et intellectuellement stimulant
afin d'acquérir la confiance en soi et les aptitudes dont ils auront
besoin toute leur vie. Ils doivent également pouvoir achever cette
éducation.
Des adolescents qui sont des citoyens
attentifs, productifs et responsables.
L'adolescence est une période vulnérable, quoique remplie de promesses.
Il faut donc offrir aux jeunes gens un milieu favorable et sans
risque où ils auront fréquemment l'occasion de participer à la vie
de la collectivité et de développer pleinement leur potentiel.
Protéger les droits des adolescents est un moyen efficace de les
« vacciner » contre les maladies sexuellement transmissibles, notamment
le VIH /SIDA, et de faire reculer les taux d'abandon scolaire, de
toxicomanie et les comportements violents. Les jeunes sont souvent
les mieux placés pour convaincre et aider les enfants du même âge.
Les adolescents, comme tous les enfants, ont le droit d'être entendus
et d'être associés aux décisions qui pèsent sur leurs intérêts,
en fonction de leur âge et de leur maturité.
Genève/Pékin, 26 novembre 2005
- Quarante-six pays n'auront pas réussi à atteindre
l'objectif de scolariser autant que filles que de garçons
avant la fin de 2005, déclare l'Unicef à l'occasion
du lancement d'un rapport illustrant les réussites obtenues
et les défis à surmonter pour obtenir la parité
des sexes dans l'éducation.
La parité des sexes (en 2005 à l'école
primaire et secondaire et en 2015 à tous les niveaux d'enseignement)
est la cible qu'il faut absolument atteindre pour réaliser
l'Objectif du Millénaire pour le développement (OMD)
visant à l'égalité des sexes et à
l'autonomisation des femmes (OMD 3), et aussi pour parvenir à
l'éducation primaire universelle en 2015 (OMD 2).
Malgré cela, près de 115 millions d'enfants,
dont une majorité de filles, ne fréquentent toujours
pas l'école primaire, selon l'Unicef, organisme chef
de file de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation
des filles.
Le rapport Parité des sexes dans l'éducation
: résultats et perspectives, connu sous le nom de Rapport
GAP, examine plus particulièrement les différences
persistantes entre filles et garçons au niveau de la scolarisation
dans le primaire.
Tout en soulignant que 46 pays n'ont pas atteint ce but, le
rapport déplore que dans d'autres pays, le taux absolu
de scolarisation reste encore beaucoup trop bas.
Le fait de les exclure de l'école n'affecte pas seulement
les filles et leurs
familles, rappelle le rapport. Cela met également
en péril les initiatives de développement, car l'on
a prouvé que l'éducation des filles joue un rôle
important dans le développement social et économique.
"L'éducation est un élément fondamental
dans la vie d'un enfant, fait valoir la directrice générale
de l'Unicef, Ann M. Veneman. Le progrès national
repose sur l'instruction, des filles en particulier, car elle
débouche sur une plus grande productivité économique,
une baisse de la mortalité maternelle et infantile et une
probabilité plus grande de voir les enfants de la génération
suivante aller à l'école". "Il est tout
à fait possible d'atteindre cet objectif, car nous savons
que beaucoup de pays ont accompli de grands progrès dans
cette direction", affirme Mme Rima Salah, directrice
générale adjointe de l'Unicef.
Sur les 180 pays pour lesquels on dispose de données,
125 (91 pays en
développement et 34 pays industrialisés)
parviendront à la parité des sexes en 2005, inscrivant
ainsi le même nombre de filles que de garçons à
l'école.
Les enfants se voient privés d'éducation pour
des raisons diverses, la pauvreté par exemple, ou la discrimination
sexuelle, une mauvaise gouvernance, la maladie (dont le VIH/SIDA)
ou encore des catastrophes naturelles ou des crises humanitaires.
Evoquant l'impact du VIH/SIDA sur les enfants, les enseignants
et les écoles, Mme Veneman rappelle que la campagne de
l'Unicef : "Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA",
lancée récemment, avait pour objectif de sensibiliser
la communauté internationale au sort des millions d'enfants
dont l'éducation a été affectée par
cette pandémie mondiale. Les enfants, surtout les filles,
dont les parents vivent avec le VIH, sont souvent obligés
de quitter l'école et de travailler pour faire vivre le
reste de la famille.
L'Unicef recommande plusieurs mesures spécifiques
pour parvenir à
l'éducation primaire universelle
d'ici à 2015 :
abolir les frais de scolarité et autres coûts
au niveau national,
offrir des bourses d'études et autres incitations
financières aux enfants désavantagés,
fixer un plafond aux frais tels que les uniformes, les
manuels scolaires et autres dépenses qui compromettent
l'éducation,
donner un statut "d'urgence" aux nations ayant
des taux de scolarisation
et de fréquentation peu élevés
et leur offrir le même type d'assistance financière
immédiate et de soutien technique qu'aux pays en situation
de crise,
utiliser le système scolaire pour proposer d'autres
services essentiels aux enfants, tels qu'une bonne alimentation,
des vaccins et des cours d'hygiène.
Pour garantir l'éducation primaire universelle d'ici
à 2015, le taux de scolarisation mondial devra augmenter
de 1,3 pour cent par an pendant les dix prochaines années.
Certains pays devront progresser à un rythme beaucoup plus
soutenu. Ainsi, le Bénin devra avancer au rythme de 2,88
pour cent par an, l'Erythrée doit progresser de plus de
4 pour cent annuellement, le Népal de 2,25 pour cent et
l'Afghanistan de 3,9 pour cent.
Ce rapport représente une première étape
dans l'évaluation des progrès accomplis vers la
cible de parité des sexes, et il débouchera sur
un examen technique d'ensemble. Il contient des enquêtes
approfondies sur le terrain ainsi que des rapports nationaux présentés
sous forme multimédia, provenant d'institutions des Nations
unies, d'ONG, de pays donateurs et de bureaux de pays. Il se concentre
particulièrement sur 25 pays clés qui ont le plus
d'obstacles à franchir pour scolariser leurs enfants, les
filles en particulier.
Sources : Nations unies et Unicef. New York, novembre
2005.
OBSERVATIONS FINALES SUR LES RAPPORTS PRÉSENTÉS EN VERTU DE LA CONVENTION



KENYA.
Dans ses observations finales sur le deuxième rapport périodique du Kenya, le Comité
note avec satisfaction l'adoption d'une législation visant à promouvoir
et protéger les droits de l'enfant, dont témoignent notamment la loi de
2001 sur les enfants, la loi de 2006 sur les délits à caractère sexuel
ainsi que la loi de 2006 sur les réfugiés. Il salue également la
ratification par le Kenya d'un certain nombre d'instruments
internationaux, au nombre desquels le Protocole facultatif à la
Convention portant sur l'implication des enfants dans les conflits
armés. Au titre des facteurs et difficultés entravant la mise en œuvre
de la Convention, le Comité cite notamment la forte incidence du
VIH/sida dans les zones urbaines comme rurales. Le Comité prie
instamment le Kenya de poursuivre l'harmonisation de sa législation nationale avec les dispositions de la Convention,
notamment en achevant la révision de la législation relative aux
enfants orphelins et vulnérables, et d'œuvrer à l'adoption et à la mise
en œuvre, sans délai, des diverses lois et politiques proposées qui
bénéficient aux enfants et les protègent, ne ménageant à cette fin
aucun effort pour mettre effectivement en œuvre, à titre prioritaire,
la loi sur les enfants.
Le Comité se dit préoccupé par la persistance, tant dans la politique que dans la pratique, de la discrimination à l'égard de certains groupes d'enfants,
en particulier pour ce qui est des fillettes, des enfants appartenant à
certaines minorités, des enfants handicapés, des enfants réfugiés et
des enfants requérants d'asile. Le Comité se dit également préoccupé
par la discrimination de facto à laquelle sont exposés les enfants nés
hors mariage, les enfants affectés ou infectés par le VIH/sida, les
orphelins, les enfants des rues et les enfants nés de mère kényane et
de père non kényan. Le Kenya est instamment prié de poursuivre la
révision de l'ensemble de sa législation afin de la rendre pleinement
conforme aux dispositions de l'article 2 de la Convention et de
s'assurer de la pleine mise en œuvre, dans la pratique, de toutes les
dispositions législatives. Le pays est instamment prié de combattre la
discrimination en assurant l'égalité d'accès à l'éducation, aux soins
et aux établissements de santé ainsi qu'aux programmes de réduction de
la pauvreté.
Le Comité se dit par ailleurs profondément préoccupé par le fort pourcentage d’enfants non enregistrés à la naissance,
en particulier dans les zones rurales, ainsi que par la discrimination
existant en la matière à l’encontre des enfants nés hors mariage et des
enfants nés de père non kényans. Il note en outre qu’en dépit d’une
interdiction clairement énoncée dans la législation, les informations
indiquent qu’elle existe encore dans la pratique. Le Comité se dit
préoccupé par l’usage excessif de la force et par les enfants tués par
balle à Kisumu en octobre 2005, ainsi que par les informations
indiquant que des viols de fillettes par des agents responsables de
l’application des lois n’ont pas fait l’objet d’enquêtes. Le Kenya est
instamment prié de revoir sa législation et de s’assurer de sa mise en
oeuvre effective afin d’accorder aux enfants une meilleure protection
contre la torture et les mauvais traitements. Tout en se réjouissant de
l’interdiction, en vertu de la loi sur les enfants de 2001, des
châtiments corporels à l’école et dans les institutions, le Comité
continue d’être préoccupé par le fait que les châtiments corporels
restent pratiqués à la maison, ainsi que dans le contexte du système
pénal, dans celui des soins de substitution et dans le contexte de
l’emploi. Le Comité se dit par ailleurs préoccupé par les
informations indiquant que les adoptions internationales irrégulières
et l’éventuel trafic d’enfants à cette fin existent encore.
Le
Comité fait en outre part de sa préoccupation face au nombre croissant d’enfants faisant l’objet de trafic interne et engagés dans la prostitution dans le cadre du tourisme sexuel,
en particulier dans les régions côtières du pays. À cet égard, est jugé
particulièrement préoccupant le fait qu’aucun âge minimum ne soit fixé
pour le consentement sexuel des garçons. Le Comité se dit par ailleurs
préoccupé par les informations indiquant que bien que la peine capitale
soit illégale pour les enfants, des informations font état d’enfants ayant été condamnés à mort.
Il est recommandé au Kenya d’élever l’âge de la responsabilité pénale
(8 ans actuellement) au moins à 12 ans. Il est également recommandé au
Kenya de garantir qu’aucun enfant ne soit condamné à mort.
MALI.
En ce qui concerne le deuxième rapport périodique du Mali, le Comité note
avec satisfaction l’adoption de la loi de 2006 rendant gratuit
l’enregistrement des naissances; du décret créant la Commission
nationale des droits de l'homme; du décret garantissant la gratuité du
traitement antirétroviral; de la loi de 2001 sur la responsabilité
pénale des mineurs et la création des tribunaux juvéniles. Au titre des
facteurs et difficultés entravant la mise en œuvre de la Convention, le Comité reconnaît les défis auxquels est confronté le Mali,
à savoir le taux élevé de pauvreté, les sérieux problèmes
d’accessibilité, en particulier dans les vastes zones désertiques du
pays, ainsi que la prévalence de traditions et de coutumes susceptibles
d’entraver les progrès vers la pleine réalisation de tous les droits de
l’homme et libertés fondamentales des enfants. Il est recommandé au
pays d’adopter et d’appliquer pleinement le Code de protection de
l’enfance, notamment en mettant en place les délégués à la protection
de l’enfance et les délégués à la liberté surveillée. Il est en outre
recommandé au Mali de renforcer de toute urgence ses efforts afin
d’accroître les budgets consacrés à la mise en œuvre de la Convention.
Le Comité se dit préoccupé par le fait que, dans la pratique, la discrimination persiste à l’encontre des fillettes et de certains groupes d’enfants,
en particulier les enfants handicapés, les enfants nés hors mariage,
les enfants des familles défavorisées et les enfants des rues, y
compris les garibou. Le Comité se dit en outre préoccupé par les dispositions légales empêchant les enfants d’acquérir la nationalité malienne par leurs mères.
L’enregistrement des naissances est un processus compliqué, poursuit le
Comité; un grand nombre d’enfants ne sont pas enregistrés, ni à la
naissance ni plus tard et de grandes disparités existent en la matière
entre zones urbaines et zones rurales et reculées. Le Comité reste par
ailleurs préoccupé par le fait que les châtiments corporels soient légaux à la maison
et qu’ils soient utilisés au sein des familles, dans les écoles
coraniques et dans les cadres de soins alternatifs, sans être
explicitement interdits dans les institutions pénales. Il est
recommandé au Mali d’élaborer et de mettre en œuvre une politique
nationale globale pour les soins et la protection des orphelins et
autres enfants vulnérables. Le Comité reste préoccupé par le fait que
les adoptions internationales n’aient pas encore été suffisamment
réglementées et que des enfants continuent de quitter le pays sans
approbation des autorités en charge des questions d’adoption.
Le Comité se dit profondément préoccupé qu’aucuneinterdiction légale ne vise spécifiquement la pratique des mutilations génitales féminines.
Est également jugée préoccupante la persistance de mariages précoces et
forcés. Le Comité reste en outre préoccupé par le nombre élevé
d’enfants infectés et/ou affectés par le VIH/sida et par le manque de
mesures préventives prises ainsi que par l’assistance inadéquate
apportée aux orphelins du sida. D’autre part, le Comité reste
profondément préoccupé par la persistance de faibles taux de scolarisation et par les taux élevés d’illettrisme parmi les enfants.
Il reste également profondément préoccupé par le nombre élevé et
croissant d’enfants des rues et d’enfants mendiants. Le Comité note à
cet égard que ces enfants mendiants – ou garibou - sont des
élèves placés sous la garde des enseignants des écoles coraniques
appelés marabouts. Ces enfants sont vulnérables à toutes les formes de
violence, d’abus sexuels et d’exploitation, notamment économique. Est par ailleurs jugé préoccupant le nombre élevé d’enfants travaillant au Mali. Restant préoccupé par le trafic transfrontalier
d’enfants vers d’autres pays de la région, en particulier du Mali vers
la Côte d’Ivoire, le Comité recommande au Mali de prendre des mesures,
y compris législatives, afin de prévenir le trafic d’enfants et de
protéger les enfants contre ce trafic.
HONDURAS.
Dans ses observations finales sur le troisième rapport périodique du Honduras, le Comité
se réjouit de l’adoption, en 2005, du plan national concernant les
opportunités en faveur des enfants et des adolescents. Il note avec
satisfaction l’accord conclu par le pays avec le Fonds des Nations
unies pour l’enfance, pour la période 2002-2006, afin d’appuyer la mise
en œuvre de la Convention. Il se réjouit en outre de la mise en place,
en 2002, d’une commission interinstitutionnelle contre l’exploitation
sexuelle des enfants et des adolescents à des fins commerciales. Au
titre des facteurs et difficultés entravant la mise en oeuvre de la
Convention, le Comité reconnaît que, si près de neuf années se sont
écoulées depuis, le Honduras continue de panser les plaies liées aux
effets de l’ouragan Mitch qui a dévasté le pays en 1998, causant des
milliers de morts et détruisant la plupart des infrastructures alors
que plus de 20% de la population étaient laissés sans abri suite au
passage de cet ouragan.
Le Comité se dit extrêmement préoccupé par le nombre très élevé de disparitions et de meurtres extrajudiciaires d’enfants,
y compris entre les mains de membres des forces de police, ainsi que
par le fait que ces meurtres ne donnent pas lieu à une ferme
condamnation ni à une action adéquate de la part des autorités et du
public dans son ensemble. Nombre de ces crimes sont restés jusqu’ici
impunis, insiste le Comité. Il est notamment recommandé au Honduras de
réduire la disponibilité des armes et d’assurer que leur vente ne se
fasse que sous strict contrôle gouvernemental. Il lui est également
recommandé de traiter les causes profondes de ces actes violents,
notamment la pauvreté et la marginalisation, étant donné que ces actes
semblent se produire dans les zones métropolitaines les plus pauvres de
Tegucigalpa et San Pedro Sula.
Le Comité fait en outre part de sa préoccupation face à la violence domestique et à la violence contre les enfants, y compris les abus sexuels, qui constituent un problème sérieux et croissant au Honduras – 4’000 cas de violence, d’abus et de mauvais traitements à l’encontre d’enfants étant rapportés chaque année.
Le Comité se dit en outre préoccupé par la situation générale des
enfants handicapés dans le pays, un très fort pourcentage d’entre eux
ne suivant pas l’école primaire et n’achevant aucun niveau d’éducation.
D’autre part, la malnutrition, en dépit de quelques progrès, reste une
des causes principales de mortalité infantile et se situe à un niveau
très élevé, en particulier dans les zones rurales. En outre,
l’incidence du VIH/sida croît de manière inquiétante au Honduras et se
situe à un niveau substantiellement plus élevé que la moyenne de la
région. Le Comité reste également préoccupé par la faible qualité de l’éducation dans le pays et
par le taux d’illettrisme élevé qui y prévaut. Est également jugé
préoccupant le nombre encore élevé d’enfants, en particulier dans les
zones rurales et parmi la population autochtone, qui travaillent dans
des conditions hautement dangereuses et dans des conditions
d’exploitation.
Le Comité se dit également préoccupé que l’exploitation sexuelle
des enfants, en particulier des fillettes, et le trafic à cette fin
sont de sérieux problèmes au Honduras. En outre, la prostitution des enfants et le tourisme sexuel visant les enfants sont communs et orientés à la hausse.
S’agissant de l’administration de la justice pour mineurs, le Comité se
dit préoccupé par le fait que la privation de liberté est régulièrement
utilisée en raison du manque de mesures
alternatives. Le Comité est également préoccupé par les mauvaises
conditions de détention, en dépit de progrès récents, dans les centres
pour enfants. De plus, les décisions de privation de liberté ne sont
pas révisées périodiquement.


MALAISIE.
En ce qui concerne le rapport initial de la Malaisie, le Comité félicite
le pays pour les améliorations notables qu’il a apportées dans les
domaines économique et social, notamment du fait de ses investissements
continus dans les services de santé, dans la protection des
infrastructures et dans le système éducatif. Il note en outre avec
satisfaction la mise en place en 2005 de la Division spéciale des
enfants au sein du Ministère du bien-être social. Il se réjouit
également de l’adoption de la loi de 2001 sur les enfants, qui est
guidée par les principes de la Convention. Le Comité recommande
néanmoins au pays de mener une étude comparative internationale sur
les implications du système juridique dualiste associant droit civil et
loi de la charia et, sur la base des résultats de cette évaluation, de prendre les mesures nécessaires pour réformer le système dualiste en vue de retirer les incompatibilités entre ces deux sources de droit
afin de créer un cadre juridique harmonieux susceptible, par exemple,
de fournir des solutions aux différends pouvant opposer, en matière de
droit familial, les musulmans et les non-musulmans.
Le Comité se dit alarmé par le nombre élevé de travailleurs migrants domestiques dans le pays,
y compris des enfants domestiques qui travaillent dans des conditions
qui sont dangereuses et interfèrent avec leur éducation. S’agissant des
enfants des rues, le Comité note avec préoccupation que des "opérations
de nettoyage" se sont traduites par la détention d’enfants des rues et
que les attitudes publiques négatives et les préjugés à l’encontre de
ces enfants ne font qu’exacerber leur situation déjà difficile. Etant
donné que la Malaisie est un pays de destination, mais aussi un pays d’origine et de transit pourle trafic des enfants à des fins d’exploitation sexuelle et de travail forcé,
le Comité note avec une grande préoccupation l’absence de loi et de
politique spécifique visant à combattre le trafic entre pays. Le Comité
se dit par ailleurs préoccupé par l’usage croissant de drogues illégales, en particulier les amphétamines et
l’ecstasy, parmi les adolescents. Enfin, le Comité recommande à la
Malaisie d’accroître de toute urgence l’âge de la responsabilité pénale
en le portant à au moins 12 ans et d’élaborer et mettre en œuvre un
système complet de mesures alternatives à la privation de liberté.
CHILI.
S'agissant du troisième rapport périodique du Chili, le Comité
note avec satisfaction les nombreuses mesures législatives et
programmatiques prises par le pays pour mettre en œuvre la Convention,
au nombre desquelles figurent la réforme constitutionnelle de 2003 qui
étend à un minimum de 12 ans l'obligation scolaire; la mise en place du
plan de santé baptisé AUGE; la création des tribunaux de la famille; ou
encore la création des bureaux de protection des droits de l'enfant. Le
Comité tient également à saluer la ratification par le Chili des deux
protocoles facultatifs se rapportant à la Convention. Il est toutefois
recommandé au Chili d'acheverrapidement le processus de réforme de la loi juvénile de 1967
afin d'assurer une protection globale à tous les enfants et d'établir
une distinction claire entre les enfants ayant besoin de protection et
ceux qui sont en conflit avec la loi.
Le Comité
regrette en outre que la coopération avec la société civile reste
limitée. Tout en se réjouissant que l'âge minimum du mariage ait été
élevé à 16 ans pour les garçons et les filles, le Comité recommande au
Chili de revoir encore la législation afin de porter cet âge à 18 ans.
Le Comité reste en outre préoccupé que certains groupes vulnérables -
notamment les enfants autochtones, migrants et réfugiés, ainsi que les
enfants handicapés, les enfants issus de milieux socioéconomiques
défavorisés et les enfants vivant dans les zones rurales - continuent
d'être victimes de discrimination, en particulier du fait de leur accès
réduit à l'éducation. Le Comité note par ailleurs que les grossesses continuent de se traduire par l'expulsion des filles du système scolaire
en dépit d'une interdiction explicite de toute discrimination sur cette
base. Le Comité se dit également préoccupé par le fait que les
relations homosexuelles en dessous de 18 ans continuent d'être
pénalisées, ce qui témoigne d'une discrimination fondée sur
l'orientation sexuelle.
Le Comité se dit en outre préoccupé que les enfants continuent d'être soumis à des traitements cruels,
inhumains et dégradants de la part d'agents responsables de
l'application des lois, notamment dans les lieux de détention. Sont
également jugées préoccupantes les informations faisant état d'un usage
excessif de la force et de détentions arbitraires par la police durant
les manifestations étudiantes de 2006. De l'avis du Comité, il est regrettable que le Code civil semble autoriser les châtiments corporels au foyer.
Le Comité reste préoccupé par le fait que les cas de violence et d'abus
sexuels contre les enfants sont en augmentation. Est aussi jugé
préoccupant le caractère inadéquat des ressources disponibles pour les
enfants handicapés, en particulier pour ce qui est de garantir leur
droit à l'éducation. Se disant préoccupé par le taux élevé de
grossesses d'adolescentes, le Comité prie instamment le Chili de revoir
sa politique consistant à pénaliser l'avortement en toutes
circonstances, y compris en cas de viol, d'inceste ou lorsque la vie de
la mère est en danger.
Le Comité
exprime par ailleurs sa préoccupation face au grand nombre d'enfants
qui sont victimes d'exploitation économique et se dit en particulier
alarmé par le grand nombre de ceux qui sont exposés à des travaux
dangereux et/ou dégradants. Est aussi jugé préoccupant le nombre élevé d'enfants des rues et la stigmatisation dont ils continuent de souffrir.
Le Comité regrette par ailleurs le caractère inadéquat des mesures de
prévention en ce qui concerne l'exploitation sexuelle et la vente
d'enfants. Le tourisme sexuel est jugé préoccupant. Le Comité se dit
préoccupé par la nouvelle législation en matière de responsabilité
pénale des adolescents, qui autorise la privation de liberté pour une
durée pouvant aller jusqu'à cinq ans à l'encontre des adolescents âgés
de 14 à 16 ans ainsi que l'application, dans certaines circonstances,
d'une réponse pénale pour les enfants de moins de 14 ans. Enfin, le
Comité regrette que la Constitution chilienne ne contienne toujours pas
de dispositions spécifiques reconnaissant les peuples autochtones et
leurs droits. Le Comité se dit préoccupé par le haut niveau de
corrélation existant entre pauvreté et origine autochtone, ainsi que
par la discrimination de facto que continuent de subir les enfants autochtones, en particulier dans les domaines de l'éducation et de la santé.
Ce que j'étudie par les temps qui courent... Un document
fondamental en version intégrale !
Préambule
Considérant
que la reconnaissance de la dignité inhrente à tous les membres de la
famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le
fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant
que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à
des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que
l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et
de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme
la plus haute aspiration de l'homme.
Considérant
qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un
régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême
recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.
Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.
Considérant
que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau
leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la
valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et
des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès
social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté
plus grande.
Considérant que les Etats Membres se
sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations
Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des
libertés fondamentales.
Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.
L'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme
comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les
nations afin que tous les individus et tous les organes de la société,
ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par
l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits
et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre
national et international, la reconnaissance et l'application
universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats
Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur
juridiction.
Article premier
Tous
les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils
sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers
les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2
1.Chacun
peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés
proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune,
notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion,
d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou
sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2.De
plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut
politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une
personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit
indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation
quelconque de souveraineté.
Article 3 Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4 Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude;
l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs
formes.
Article 5 Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
Article 7
Tous
sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale
protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre
toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre
toute provocation à une telle discrimination.
Article 8
Toute
personne a droit à un recours effectif devant les juridictions
nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux
qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
Article 9 Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Article 10 Toute
personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit
entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et
impartial,
qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de
toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
Article 11
1.
Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente
jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un
procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui
auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des
actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne
constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou
international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que
celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.
Article 12 Nul
ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa
famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son
honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de
la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Article 13
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14
1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2.
Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement
fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires
aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.
Article 16
1.
A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction
quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se
marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du
mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3.
La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a
droit à la protection de la société et de l'Etat.
Article 17
1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.
Article 18 Toute
personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ;
ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction
ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule
ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les
pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.
Article 19 Tout
individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui
implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de
chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de
frontières, les informations et les idées par quelque moyen
d'expression que ce soit.
Article 20
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.
Article 21
1.
Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires
publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de
représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3.
La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs
publics; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui
doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au
vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du
vote.
Article 22
Toute
personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité
sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits
économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et
au
libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et
à
la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des
ressources de chaque pays.
Article 23
1.
Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des
conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection
contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3.
Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et
satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence
conformeà la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par
tous autres
moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit
de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats
pour la défense de ses intérêts.
Article 24 Toute
personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation
raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
Article 25
1.
Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa
santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour
l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi
que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité
en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse
ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite
de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La
maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance
spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors
mariage, jouissent de la même protection sociale.
Article 26
1.
Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite,
au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental.
L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et
professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures
doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2.
L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité
humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des
libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la
tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes
raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des
Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.
Article 27
1.
Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle
de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès
scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun
a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de
toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est
l'auteur.
Article 28
Toute
personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan
international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la
présente Déclaration puissent y trouver plein effet.
Article 29
1.
L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le
libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2.
Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés,
chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi
exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des
droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences
de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une
société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 30 Aucune
disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme
impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit
quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à
la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.
Ici, vous trouverez des idées de bricolage,
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histoires,
des chansons, de jeux à la maison,
et des jeux en ligne pour
les 3 ans et plus.
Réseaux de trafic sexuel et prostitution dans l’Union Européenne
par Lorena Galliot
Conséquence peu connue de l’ouverture des frontières de l’Union
Européenne à de nouveaux pays membres, l’accroissement des flux
migratoires de femmes à des fins de prostitution posent un véritable
défi aux autorités européennes en matière de lutte contre la
criminalité organisée et de respect des droits de la femme.
A l'Est, les causes: La précarisation de la population féminine dans les anciens pays de l'Est
Dans les anciens pays socialistes, la
libéralisation des marchés après la chute du régime soviétique n’est
pas allée de paire avec une évolution des mœurs, et les femmes doivent
souvent payer au prix fort le passage à une société et une économie de
marché : dans les années 90, la transition a entrainé un accroissement
spectaculaire du chômage des femmes, une fin soudaine de la prise en
charge étatique de la santé, des soins aux enfants, du logement, etc.
Dans ces pays, la représentation des femmes dans les institutions est
en recul, et non le contraire, bien qu'il reste plus élevé que dans
certains Etats de l'Ouest.
Le rapport de l’UNICEF de juin 2002 sur la traites des femmes et des enfants en Europe de l’Est et du Sud relève que : « dans
les pays d’Europe Centrale et Orientale avec des économies en
transition entre l’ère socialiste et l’ère mondialisée, on constate une
dégradation du statut politique et social des femmes. Les violences
sexistes, la contradiction entre la position inférieure des femmes dans
les hiérarchies familiales et sociales et leur importante part de
responsabilité pour assurer le bien-être de leurs familles, le manque
d’influence des femmes dans la vie publique et leur exclusion des
processus décisionnels sont des courants croissants.
»
De l’Est vers l’Ouest : un trafic sexuel en plein essor
Conséquence directe de la précarisation grandissante d’importants
segments de la population féminine dans les anciens pays socialistes :
les pays d’Europe de l’Est et du Sud sont devenus des pourvoyeurs
majeurs de prostitution, notamment vers l’Europe Occidentale. En 2005,
Europol a estimé le nombre de femmes et des enfants trafiqués à des
fins de prostitution en provenance d’Etats indépendants de l’ex-URSS,
de l’Europe de l’Est et de l’Europe du Sud à plus de 175 000 personnes
par an.
Quand aux migrations légales entre pays membres de l’Union Européenne,
également à des fins prostitutionnelles, sont impossible à quantifier.
Un exemple frappant illustrant l’augmentation des migrations légales ou
illégales a eu lieu en Allemagne (où la prostitution est considérée
comme légale dans certains Länder) lors de la Coupe du monde de
football en 2006. A côté du stade principal de Berlin, la municipalité
a financé la construction d’un complexe "de charme" de 3000 mètres,
avec 100 femmes en continu pour servir jusqu’à 650 clients par jour
dans des « cabines de prestation » individuelles et amovibles, assez
semblables à ces toilettes temporaires installés tout autour des
grandes foires ou parcs d’exposition. Plus de 40 000 femmes sont
estimées avoir été « importées » dans le pays pour offrir des services
sexuels aux millions de supporters. Sous prétexte que « football et
sexe sont indissociables » (sic), les autorités ont vanté « l’hygiène »
et la « sécurité sanitaire » de ce genre d’établissement. En réalité,
les contrôles sanitaires imposés sont une humiliation de plus pour les
femmes prostituées, vu qu’elles seules, et non les clients, sont
obligés d’effectuer des dépistages réguliers.
Combien coûte une « fille de l’Est » ?
Le marché du sexe est une source de revenus très lucrative, pour des
intermédiaires bien plus que pour les femmes elles mêmes. En Europe de
l’Ouest, à la fin de la chaîne de transactions, le prix d’une
Européenne en provenance des anciens pays « socialistes » se situe
entre 15 000 et 30 000 euros. Au début de la chaîne, à titre d’exemple,
les ressortissantes de la République de Moldavie sont vendues à de
proxénètes albanais pour des sommes variant entre 1000 et 5000 euros,
puis brisées psychologiquement et vendues de nouveau en Europe de
l’Ouest avec un profit important (de l’ordre de 150%). Pour les
proxénètes et autres figures clefs des réseaux de trafic humain, la
rétention des gains de chaque passe est un moyen de garder les personne
prostituées dans une situation de vulnérabilité et de dépendance
extrême.
Des réseaux structurés par la violence
La violence est constitutive de la marchandisation des êtres humains et
de leur corps. Les méthodes de recrutement des proxénètes ne sont pas
la simple addition de conduites privées « abusives », mais s’insèrent
dans un système structuré qui nécessite la violence. Tout d’abord, les
sociologues insistent sur le fait que la précarité économique seule ne
suffit pas à pousser une femme vers la prostitution : il faut au
préalable un traumatisme provoquant une perception des rapports entre
femmes et hommes ayant intégré la violence. Une étude menée en France a
montré qu’entre 80 et 95% des femmes prostituées ont été victimes d’une
ou plusieurs agressions sexuelles dans leur jeunesse. La grande
majorité des femmes interrogées disent penser « qu’elles ne méritent
pas mieux » que de se prostituer.
Dans les cas où les femmes ne se prostituent pas pour leur compte mais
« sont » prostituées par un souteneur ou une organisation criminelle
(70% des cas en France), elles disposent d’aucune liberté dans
l’activité qu’elles exercent : elles ne sont pas libres de refuser un
client qui est saoul, brutal ou refuse de mettre un préservatif ; elles
ne sont pas libres de choisir le nombre de passes par soir, parfois
obligées de servir jusqu’à une vingtaine de clients par nuit ; elles ne
sont pas libre d’aller et venir ni encore moins de disposer de l’argent
payé pour leurs services.
Selon le professeur Richard Poulin, la violence exercée par les réseaux
de crime organisé dédié à la prostitution est décisive dans la
production des « marchandises sexuelles » que sont les personnes
prostituées. « En vingt jours, on peut briser n’importe quelle femme et la transformer en prostituée
», raconte un responsable bulgare d’un foyer de réinsertion. Il existe
des camps d’abattage ou de soumission non seulement dans les pays du
Sud, mais également dans les Balkans, en Europe centrale et en Italie,
où l’abattage est nommé « écolage ». Dans ces camps, les femmes sont
enfermées durant des semaines dans des conditions d’insalubrité et
d’isolement effroyables, battues, violées à répétition et droguées,
parfois durant des mois, avant d’être mises sur le marché. Les camps
sont fondamentaux non seulement pour le développement des marchés, mais
également pour la « fabrication » même des « marchandises », car ils
contribuent à rendre les personnes prostituées « fonctionnelles » -
cette industrie exigeant une disponibilité totale des corps. Dans de
telles conditions, peut-on réalistement soutenir qu’il existe vraiment
une prostitution « libre », volontairement choisie ?
A l'Ouest: la disparité des politiques nationales - le cas Allemand, le cas Français et l'exception Suèdoise
Les politiques en matière prostitution, et les résultats obtenus,
varient énormément entre pays de l’Union Européenne. Quelques exemples :
- En Allemagne et aux Pays-Bas la prostitution
est légale et réglementée, considérée comme une profession comme une
autre. Résultat : depuis la légalisation de la prostitution et du
proxénétisme en Allemagne, l’industrie du sexe a connu une croissance
exponentielle. En 1998, on estimait à 20 000 le nombre de personnes
prostituées ; en mars 2006, les autorités en dénombrent 400 000, dont
75% au moins d’origine étrangère. Les études dans ces pays montrent que
l’existence de bordels légaux ne diminue pas le taux de migrantes
illégales exploitées travaillant dans des conditions de précarité
extrêmes ; bien au contraire, les maisons closes illicites prolifèrent
aux côtés des établissements réglementés, et les moyens de contrôle des
autorités sont dérisoires.
En février 2005, l’opinion Allemande a été révoltée par le cas
relaté dans la presse d’une serveuse de 25 ans qui, ayant refusé une
offre d’emploi constituant à vendre des « services sexuels » dans un
bordel de Berlin, s’est vu menacée du retrait de ses allocations
chômage par son agence pour l’emploi. En effet, depuis les réformes
sociales en Allemagne, une femme de moins de 55 ans qui a été sans
emploi depuis plus d’un an peut être forcée à prendre un poste vacant -
y compris dans l’industrie du sexe - sous peine de perdre ses
allocations de chômage. Le taux de chômage dans ce pays est en
augmentation depuis onze mois et a atteint la barre des 4,5 millions de
personnes sans emploi. Le gouvernement avait envisagé de placer les
bordels en dehors des employeurs potentiels sur la base de
considérations morales, mais il a finalement décidé qu’il serait trop
difficile de les distinguer des bars. En conséquence, les agences pour
l’emploi doivent traiter les employeurs à la recherche d’une prostituée
de la même manière que ceux cherchant une secrétaire ou femme de
ménage. Quand la serveuse a entamé une procédure judiciaire à
l’encontre de l’agence pour l’emploi, elle s’est rendue compte que
celle-ci n’avait pas enfreint la loi ! « Il n’y a rien dans la loi qui empêche les femmes d’être envoyées dans l’industrie du sexe », a déclaré Merhthchild Garweg, avocate à Hamboug, au quotidien The Telegraph.
- La France mène une politique
ambiguë de criminalisation du « racolage » et des migrations à des fins
prostitutionnels, mais de tolérance de la prostitution en soi. Pour le
mouvement du NID, association de défense du droit des personnes
prostituées, la loi Sarkozy votée le 13 février 2003 est incompatible
avec la convention de Palerme contre la criminalité transnationale
organisée, dont le protocole sur la traite souligne que les personnes
prostituées ne seront plus perçues comme des délinquantes mais comme
des victimes et que toutes devront être protégées. Dans un communiqué
en mars 2003, le mouvement a affirmé que « l’on ne résout pas un problème d’exploitation en sanctionnant les exploitées », et déploré que la prostitution ne soit traité que comme un trouble à l’ordre public. « Aucune
politique de fond n’est engagée. Les autorités policières et
judiciaires ne sont pas formées pour interroger les prostituées
arrêtées en tentant compte de leur passé traumatique, et les réponses
sociales d’encadrement et de protection des personnes victimes de la
traite sont quasi inexistantes. Les seuls buts de la politique actuelle
semblent être en réalité la répression de l’immigration clandestine et
le « nettoyage » des trottoirs, partie visible de la prostitution.
» Le ministère de l’Intérieur affirme que l’arrestation de personnes
prostituées permet de remonter à leurs souteneurs et les organisations
criminelles qui les emploient, mais le Préfet de Paris Jean-Paul Proust
a avoué que remonter ces filières s’avère très difficile, et fait état
de seulement 275 proxénètes interpellés pour 1732 prostituées arrêtées,
la plupart d’origine étrangère. L’écart saute aux yeux. Pour le
mouvement du Nid, une éventuelle régularisation des prostituées
étrangères ne doit pas être liée à des conditions de délation qui
risquent de mettre leur vie en danger, les forces de l’ordre n’ayant
aucun moyen d’assurer leur protection à long terme contre des réseaux
criminels très puissants. L’état actuel de la loi prévoit uniquement
une expulsion du territoire sans aucun suivi social.
- En contraste, la Suède a adopté
en 1999 une démarche très innovante et totalement inverse à ce qui
existe dans le reste de l’Europe : a) criminaliser l’achat des faveurs
sexuelles et b) décriminaliser la vente de ces faveurs. La Suède a été
le premier pays a officiellement désigner les prostituées comme des
victimes d’exploitation, et les clients comme les exploitants, comme le
souligne la documentation accompagnant le texte législatif présenté par
le gouvernement : « La Suède considère la prostitution comme une
dimension de la violence masculine faite aux femmes et aux enfants. La
prostitution y est officiellement reconnue comme une forme
d’exploitation des femmes et des enfants, donc comme un problème social
grave. L’égalité des sexes sera impossible tant que des hommes
achèteront, vendront et exploiteront des femmes et des enfants par la
voie de la prostitution ».
À cette stratégie juridique à deux volets s’ajoute un troisième élément
essentiel : La loi suédoise sur la prostitution prévoit des sommes
importantes destinées à des services sociaux complets pour toute
personne prostituée qui veut de l’aide afin de quitter la prostitution.
La loi prévoit également des budgets pour sensibiliser la population et
l’ensemble de l’appareil judiciaire. Résultat : Dans la capitale,
Stockholm, le nombre de femmes prostituées de rue a diminué des deux
tiers et le nombre de clients a baissé de 80%. Dans d’autres grandes
villes suédoises, la prostitution de rue a pratiquement disparu. Ont
également disparus les célèbres bordels et salons de massages qui ont
pourtant proliféré pendant les 30 dernières années du 20e siècle quand
la prostitution était légale. De plus, le trafic de femmes étrangères
destinées à devenir des « travailleuses du sexe » a été pratiquement
éliminé en Suède. Selon le gouvernement suédois, le trafic sexuel n’a
amené que 200 à 400 femmes et filles dans ce pays au cours des
dernières années, un nombre négligeable comparativement aux 15 000 à 17
000 femmes que le trafic d’esclaves sexuels amène chaque année en
Finlande, le pays voisin.
Conclusion: la nécessité d'une politique Européenne commune
Aucun pays Européen n’a obtenu des résultats aussi
prometteurs en matière d’endiguement de la prostitution et des trafics
sexuels que la Suède. C’est dans cette optique que Gunila Ekberg,
conseillière au ministère des affaires étrangères en Suède, a coordonné
une campagne commune contre la traite des femmes entre huit pays du
Nord de l'Europe, malgré des différences idéologiques. Les premiers
succès de cette campagne, placés sous le signe de l'égalité homme-femme
et non sous celui de l'ordre public, laisse augurer une nouvelle
direction des politiques Européenes en mantière de lutte contre le
trafic sexuel. Face à l'ampleur de ces trafics, leur imbrication
étroite dans nos sociétés et l'intertie de l'opinion publique dans la
majorité des pays Européens, une harmonisation des politiques et une
coopération à échelle européenne est indispensable.
http://www.nouvelle-europe.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=130&Itemid=64
-------------------
Pour en savoir plus :
Sur le Net
4NID : site de l'association de lutte pour les droits des personnes prostituées
9Sisyphe.org : site dédié au droit des femmes; la rubrique "prositution" présente un
très riche séléction d'articles dédié à la traite des femmes et des
enfants, témoignages de personnes prostituées, d'experts, etc.
4site en anglais d'une association américaine de lutte contre la prostitution et les trafics sexuels
À chaque emploi de ce moteur de recherche, un montant est versé à l'oeuvre de charité de votre choix. Il s'agit d'un moteur de recherche classique, à la manière de Google, moins "user friendly" à mon goût, mais vraiment, ça vaut la peine de l'utiliser de temps en temps, ne serait-ce que pour aider une cause qui vous tient à coeur.
la communauté la plus sympa, réponse garantie (à moins que vous n'envisagiez un séjour sur la lune!) et une énergie qui mettra un terme à vos hésitations «partira, partira pas?». En plus des renseignements sur les pays, il s'y trouve une foule d'infos sur l'équipement requis, le budget pour les fauchés rêveurs, des conseils aux timides, aux voyageurs solo et pour les tour du monde également.
Globetrotter dans l'âme maintenant plus que dans l'action, parce que famille et études à plein temps obligent.
Ce blog présentera au fil de mes temps libres (!)
des articles sur des sujets aussi vastes que le vie.
Et puis, je passe tellement de temps sur Google, qu'autant faire bénéficier les résultats de mes recherches au plus grand nombre.
Je mettrai donc en ligne des tas de liens regroupés par thème.