(extraits) Par Léa Capuano et Mia Angelo
En Inde, les droits des femmes restent
malheureusement limités. Durant sa vie, la femme doit faire face à de nombreux
obstacles. Voici les difficultés qu’une femme peut rencontrer durant son
évolution, de sa naissance jusqu’à sa vie conjugale et maternelle.
Dès la naissance, les bébés de sexe
féminin ont moins de chances de vivre que les bébés de sexe masculin. En effet,
l’amniocentèse, davantage pratiquée pour déterminer le sexe du fœtus que pour
déceler des pathologies du bébé, favoriserait les avortements sélectifs : les
estimations portent à 10 millions le nombre de filles qui ne sont pas nées dans
ce pays. La raison de ces avortements est que les Indiens préfèrent avoir un
garçon, car ce sont eux qui perpétuent le patronyme, s'occupent des parents
lorsqu'ils sont vieux et, surtout, héritent des terres. En revanche, pour les
Indiens, les filles n'apportent rien, bien au contraire, car il faut même payer
leur dot à la famille de leur mari. Un vieux proverbe résume même cette
situation : "Élever une fille, c'est comme arroser le jardin d'un voisin".
Dès leur plus jeune âge, les petites
Indiennes se doivent au travail ou à la tenue de la maison familiale,
l’éducation scolaire n’étant pas considérée comme une priorité.
28 millions de fillettes sont
malheureusement privées de scolarité. La
pauvreté et la discrimination sont les principales causes de ce phénomène. En étant privées d’école, ces fillettes ne
pourront pas se cultiver, apprendre à raisonner par elles-mêmes, se former à un
métier d’avenir pour pouvoir devenir autonomes et enfin ne plus dépendre ni du
père ni du mari.
En Inde, 46% des femmes de 20 à 24 ans
se sont mariées ou vivaient en concubinage avant l’âge de 18 ans. L’une des
principales raisons est d’ordre économique. En Inde, où les ménages pauvres
s’endettent pour verser une dot à la famille du mari, la somme est d’autant
moins élevée que la fille est jeune. Une autre raison tient à l’espoir d’écarter
les filles de possibles agressions sexuelles. Cette pratique devient un obstacle à quasiment tous les objectifs :
éliminer la pauvreté et la faim, parvenir à l’éducation primaire universelle,
promouvoir l’égalité des sexes, protéger la vie des enfants, améliorer la santé
maternelle, combattre les épidémies et les maladies.
Enfin, en terme de santé, si le mariage précoce n’est
pas une cause directe de mortalité, il reste l’un des facteurs aggravant les
risques de mortalité maternelle et infantile, essentiellement à cause des
grossesses prématurées, et les risques d'infections sexuellement transmissibles,
y compris le VIH/Sida. Alors qu'en Inde les mariages arrangés sont la norme, ce
manque de femmes a poussé de nombreuses familles à rechercher une épouse pour
leur fils dans certains États montagneux et même à l'étranger (comme au Népal ou
au Bangladesh), où un commerce matrimonial, parfois criminel (enlèvements), est
apparu.
Il faut savoir que les jeunes filles une fois mariées peuvent subir des menaces,
des violences… Elles sont parfois victimes du chantage de la belle famille qui
souhaite recevoir plus d’argent. Sous prétexte que la dot n’est pas suffisante,
les assassinats de femmes ne cesse d’augmenter depuis les années 1980. On
estime que le nombre de femmes assassinées s’élève à 6 000 par an alors que la
dot a été abrogée en 1955 ! C’est la raison pour laquelle le parlement
indien a promulgué en août 2005 la Loi de Protection de la Femme contre la
Violence Domestique qui protège non seulement la femme de la violence de son
mari ou de ses fils, mais également de la belle famille avec laquelle elle
cohabite.
De plus, la
justice ne considérant pas les viols domestiques de la même manière que les
viols extraconjugaux, les époux n'encourent aucune peine véritable. La traite
des femmes et des jeunes filles est extrêmement prolifique vers les pays
voisins, le Moyen-Orient, l'Europe de l'Est et de l'Ouest. Ainsi, le tourisme
sexuel peut se développer et atteindre des proportions toujours plus inhumaines.
Enfin, les femmes
indiennes n'ont, en tant qu'adulte, aucune garantie de jouir de leurs droits et
de leur liberté au même titre que les hommes. Elles sont soumises à des lois sur
le statut personnel fondées sur des règles religieuses qui renforcent
l'inégalité par rapport aux hommes en matière de divorce, de droits sociaux de
base et de droits successoraux.
On peut cependant signaler qu’au parlement indien, il y a plus de femmes qui siègent
qu’en France. On peut alors se poser la question : les femmes pourraient-elles
enfin sortir de leur soumission et s’exprimer librement et sans contrainte pour
se défendre contre ces injustices ?
http://213.41.195.108:8080/ecjs/coes3/femmeinde.htm
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