Les industries du voyage et du sexe partagent beaucoup d’intérêts dans la transformation du monde en gigantesque parc de loisir. Enraciné dans l’univers ancien de la prostitution, le tourisme sexuel s’étend au rythme de l’accroissement de la mobilité et de la globalisation touristique. Dans des pays où la constante est la pauvreté, il affecte des centaines de milliers d’êtres humains dont une part non négligeable d’enfants.
A la suite du tourisme classique, c’est maintenant le tourisme sexuel qui connaît une « démocratisation ». De plus en plus, on observe l’essor d’une prostitution « à la carte », une tendance qui, finalement, ne fait que suivre celle des voyages sur mesure... Il n’est plus rare de rencontrer, à Phuket ou à Ko Samui, pour évoquer le cas de la Thaïlande, un routard occidental avec, à l’arrière de sa moto ou accrochée à son bras, une « girlfriend », appellation officielle et plus acceptable de la prostituée, qu’il a louée à la semaine ou au mois.
Le tourisme sexuel connaît un effet « boule de neige » qui l’oriente dans le sens d’une massification. Toujours en Thaïlande, les nouveaux clients sont de plus en plus des jeunes Occidentaux en quête d’aventures et de sensations fortes. Ils remplacent peu à peu les vieux touristes allemands, japonais ou américains, lesquels avaient eux-mêmes déjà succédé aux militaires en stationnement pendant la guerre du Vietnam. D’autre part, une nouvelle clientèle apparaît sur les plages et dans les bars : Malaisiens, Chinois, Sud-Coréens...
La prostitution « touristique » affecte beaucoup de pays du Sud : les filles (ou les garçons) y sont jeunes, pauvres et peu éduqués, donc facilement exploitables. Elles arrivent de façon plus ou moins forcée dans la prostitution, « métier » qu’elles n’ont aucune envie d’exercer. A la recherche de sexe facile et bon marché, les touristes sexuels étrangers affluent en quête de cette chair fraîche, disponible et soumise. Nombre d’entre eux, afin de se donner bonne conscience, trouvent toutes les raisons du monde pour se persuader qu’ils n’abusent pas de la détresse de ces jeunes. Ils ne feraient que les aider, les soutenir, voire contribuer au développement de leur pays...
Dans ces Etats, après l’essor du tourisme de masse, le secteur informel de la prostitution s’est développé avec l’arrivée plus importante de touristes individuels. On peut désormais établir une sorte de cartographie du tourisme sexuel : les femmes vont à Goa, en Inde, en Jamaïque, en Gambie ; tandis que les hommes préfèrent les pays du Sud-Est asiatique, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la République dominicaine, Cuba, le Panamá, le Surinam, le Mexique, sans oublier le Brésil où l’on compterait pas moins de cinq cent mille enfants tombés dans la prostitution (1).
Le tourisme sexuel de masse se développe ainsi au croisement de l’univers des mobilités touristiques. Pour beaucoup d’Occidentaux, il représente une forme de colonisation nouvelle et adaptée à notre époque. Certains d’entre eux voudraient à tout prix établir une distinction entre la prostitution forcée et la prostitution volontaire ou « libre ». Sous le prétexte que, dans certaines villes du Nord – ou dans des enclaves fortunées ou aisées des pays déshérités –, la prostitution de luxe, dite « libre », pourrait parfois permettre à certaines filles (ayant échappé à la contrainte des proxénètes) de « disposer librement de leur corps ». En revanche, ils admettent que, dans la plupart des pays du Sud – ainsi que dans des enclaves de misère des villes du Nord ou de l’Est –, la prostitution est toujours une activité exercée sous la contrainte (proxénétisme, violences, viols) (2). Mais comment combattre la prostitution dans les pays pauvres du Sud, si on prétend que, dans les pays riches du Nord, elle résulterait de choix individuels ?
Une industrialisation des corps
D’autres insistent pour qu’on ne confonde pas prostitution enfantine et prostitution adulte. A force de mettre en avant cette différence, elle en devient suspecte. Et plus le consensus s’établit pour condamner l’abus sexuel sur des enfants, plus facilement l’abus sur des adultes (femmes et hommes) semble être admis comme une dérive présumée inévitable du monde dans lequel nous vivons. La prostitution enfantine révulse tout le monde tandis que chacun, finalement, finit par s’accommoder de la prostitution « classique ».
Dans une telle atmosphère, le touriste sexuel se retrouve en quelque sorte déresponsabilisé, déculpabilisé. D’autant que la pratique s’appuie fortement sur les industries « classiques » du sexe : pornographie et prostitution. Une prostitution qui n’est que la traduction pratique de ce que la pornographie propose (3). Les deux univers s’accordant pour instrumentaliser les êtres humains et industrialiser les corps. L’appareil médiatique et publicitaire venant, de surcroît, préparer le terrain pour renforcer la reconnaissance officielle de l’industrie du sexe. La violence sexuelle est célébrée en même temps qu’elle s’affiche partout dans les médias, y compris pour être dénoncée. Un paradoxe et une confusion tout à l’image de notre culture du porno chic et soft qui célèbre la domination du mâle à l’heure où sa virilité paraît moins assumée.
La demande sexuelle est encouragée et stimulée par une offre toujours plus alléchante. Le marché s’étend et se diversifie : une internationalisation de l’offre, avec des filles de plus en plus jeunes, en provenance des quatre coins du globe, attire de nouveaux clients (4). Avec cet afflux de migrants du sexe, alimenté par la soif de consommation, la rotation des filles est assurée. Objets de toutes sortes de trafics, les corps sont disponibles. A des tarifs qui ne cessent de baisser, concurrence oblige.
Déjà, le succès croissant du tourisme sexuel féminin montre que, dans ce domaine, la femme marche sur les pas de l’homme, réitérant les représentations du pouvoir, de la domination et de l’exploitation. A cet égard, il n’est pas inutile de rapprocher – au plan essentiellement symbolique –, d’un côté, le « touriste organisé » qui a confié la préparation de son voyage à une agence ou à un tour-opérateur et, de l’autre, le « touriste sexuel ».
Le touriste organisé se dégage, souvent, de toute responsabilité dès le moment où il foule la terre de sa destination exotique et vacancière. Témoin ce voyageur, fraîchement débarqué à l’aéroport de Hanoï, au Vietnam, et qui expliquait : « Voilà, je viens d’atterrir, et désormais je confie mon destin durant les prochaines semaines à mon guide, car je suis trop éreinté par mon boulot, et le temps des vacances je ne veux plus penser mais seulement me laisser porter ! » Il n’y avait là, certes, aucune arrière-pensée sexuelle mais d’autres touristes feront aisément le lien, puis franchiront le pas...
En effet, au bout du monde, tout redevient possible, notamment braver une série d’interdits. Autre exemple : un touriste perdu au milieu de son groupe confiera peut-être son destin au guide ou à l’agence de voyage mais, en même temps, il s’autorisera des pratiques qu’il s’interdit d’habitude chez lui. Comme se baigner nu sur une plage en Malaisie, entouré de pêcheurs musulmans offusqués, ou encore flirter avec une gamine venue s’attabler avec lui pour lui vendre des cigarettes ou des bibelots dans un restaurant au Vietnam...
C’est souvent de la sorte que commence pour le touriste lambda, loin de chez lui, ce qui serait totalement impensable sur ses propres terres. Cette aspiration à la transformation de soi est d’autant plus aisée pour les touristes – organisés ou non – que la déresponsabilisation en voyage s’est installée dans leur esprit... Pour le touriste organisé, l’Autre – l’« indigène », disait-on du temps des colonies – est le serviteur touristique, dont le rôle consiste à être exploité.
Le touriste sexuel se débarrasse souvent de toute responsabilité humaine puisque, par l’intermédiaire d’une transaction financière, il se sent libéré du besoin de s’occuper de l’Autre : il ne ressent plus ni la contrainte de le respecter, ni même celle de lui procurer du plaisir. En payant pour un service, sexuel en l’occurrence, il achète la liberté d’une personne sur laquelle, un temps compté, il a tous les droits. Y compris celui de réduire cette personne à l’état de « bien » marchand.
Il n’a pas besoin de ménager sa proie, contrainte à la soumission, dont il peut disposer à sa guise, sans la crainte de se faire renvoyer ou de se voir puni par une autorité. Le client est roi. En vacances tout particulièrement. Le client-touriste est donc seul maître à bord, l’Autre ayant été ravalé à la condition d’esclave sexuel, qu’il soit d’ailleurs bien ou mal traité par son maître du moment.
On le voit, entre le touriste organisé et le touriste sexuel, les différences sont grandes, mais le passage de l’un à l’autre est parfois étonnamment facile. « En général, explique Paola Monzini, le sexe payant est devenu une composante plus ou moins visible du tourisme de masse (5). » Pourtant, la plupart des touristes sexuels opèrent en solo.
Essentiellement pour deux raisons : la peur de se faire repérer, puis dénoncer, et l’égocentrisme évident de l’abuseur.
Un touriste organisé peut-il se muer en touriste sexuel ? Oui, s’il s’accommode trop facilement d’une tendance actuelle à rester dans le coup, entre culte du corps et jeunisme, sur fond d’appétence sexuelle et de malaise civilisationnel (6). On retrouve, par exemple, l’archétype de ce type de vacancier minable dans le personnage central du roman Plateforme de Michel Houellebecq (7), où le plongeon dans le sexe et le voyage permet au touriste quelconque d’avoir l’impression d’être quelqu’un d’autre que l’employé soumis et l’homme sans qualités qu’il est dans sa morne vie quotidienne. En Occident, le tourisme sexuel reste représenté de deux manières beaucoup trop simplistes et incomplètes, d’un côté le misérabilisme, de l’autre l’angélisme.
Cinq raisons principales sont à l’origine de l’essor du tourisme sexuel de masse : la paupérisation croissante ; la libéralisation des marchés sexuels encourageant plus ou moins directement la traite aux fins de prostitution ; la persistance de sociétés patriarcales et sexistes ; la dégradation de l’image de la femme sur fond de violence sexuelle généralisée et banalisée ; et l’explosion du tourisme international et des flux de migrants en tout genre. Cet essor a été stimulé par deux caractéristiques de nos sociétés : premièrement, la « démocratisation » des flux de voyageurs (des masses de touristes circulant dans tous les sens) ; deuxièmement, l’hypersexualité des jeunes entretenue par des médias obsédés par la violence sexuelle. Il se nourrit aussi de la rencontre entre la misère et la beauté du monde. Misère et beauté attestent de la coupure qui régit l’ordre inégal de la planète. Misère affective au Nord, misère économique au Sud et à l’Est ; « beauté » des biens matériels de consommation au Nord, beauté des paysages et des personnes, mais aussi de la spiritualité, du mode de vie et des « traditions » au Sud et à l’Est.
A la suite de la déclaration de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) sur la prévention du tourisme sexuel organisé (8), adoptée au Caire en octobre 1995, qui a sensibilisé les acteurs du tourisme et l’ensemble des clients-voyageurs à ce fléau global (qui ne concerne pas seulement les enfants), la lutte contre le « tourisme sexuel de masse » a commencé à s’organiser.
(1) Sur la tragédie de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins touristiques, cf. Jeremy Seabrook, En finir avec le tourisme sexuel impliquant les enfants. L’application des lois extraterritoriales, L’Harmattan, Paris, 2002.
(2) A propos de la marchandisation sexuelle des corps, cf. Richard Poulin, La Mondialisation des industries du sexe, Imago, Paris, 2005.
(3) Cf. Michela Marzano, Malaise dans la sexualité. Le piège de la pornographie, Jean-Claude Lattès, Paris, 2006.
(4) Cf. Mona Chollet, « Qui profite de la prostitution ? », Le Monde diplomatique, juillet 2006.
(5) Sex Traffic. Prostitution, crime and exploitation, Zed Books, Londres, 2005.
(6) Cf. notamment le dossier de la revue Téoros, « Tourisme et sexualité », Montréal, vol. 22, no 1, printemps 2003.
(7) Michel Houellebecq, Plateforme, Flammarion, Paris, 2001.
Extraits d'un texte s'adressant aux enfants, où leurs droits issus la Convention internationale des droits de l'enfant sont présentés. À faire lire à vos petits chéris sans faute !
DROIT A UN NOM, DROIT A UNE FAMILLE
Dès sa naissance, chaque enfant a le droit de recevoir un nom et un prénom.
- Si des parents sont divorcés, la mère n'a pas le droit d'interdire à l'enfant de voir son père, et vice-versa (sauf bien sûr si la justice le juge nécessaire, pour des raisons très particulières).
- Pour des raisons diverses (décès des parents, guerres, abandons), l'enfant peut se retrouver seul. Dans ce cas, la Convention prévoit que l'Etat doit veiller à lui trouver une nouvelle famille pour y grandir et s'épanouir.
DROIT A LA SANTE, DROIT A L'ALIMENTATION
- Chaque année, 7 millions d'enfants meurent de rougeole, de pneumonie ou de diarrhées. Pourtant, ce sont des maladies qu'on sait éviter et soigner. Il existe des vaccins, des médicaments.
- Aujourd'hui encore des milliers d'enfants sont victimes de la malnutrition : cela veut dire qu'ils n'ont pas assez à manger, souvent à cause de guerres ou de famines.
- Les Etats doivent tout faire pour lutter contre la maladie et la malnutrition, permettre l'accès de tous à la médecine, informer les parents et les aider à soigner et nourrir correctement leurs enfants. DROIT A L'EDUCATION
- La convention internationale des droits de l'enfant dit : " L'enseignement primaire est obligatoire et gratuit pour tous".
Pourtant, les organisations internationales constatent que, en l'an 2000, près de 200 millions d'enfants n'ont pas accès à l'école ! Les pays en voie de développement sont les plus touchés par ce phénomène.
- En plus de lui apprendre à lire, écrire et compter, l'école doit apprendre à l'enfant la vie en communauté, le respect des autres. Surtout, elle doit l'aider à développer sa personnalité DROIT AU RESPECT SANS DISTINCTION DE RACE, DE COULEUR, DE RELIGION
Des millions d'enfants n'ont pas les mêmes droits que les autres, parce que leur couleur de peau, leur religion, leur nationalité sont différentes.
- Dans les états où il existe des minorités, un enfant appartenant à une de ces minorités doit avoir le droit de pratiquer sa propre religion, d'employer sa propre langue etc.
- Ces droits ne sont malheureusement pas toujours respectés : En Espagne, seulement un quart des enfants gitans sont scolarisés. Aux Etats Unis, les livres et les dessins animés les présentent encore comme des voleurs et des vagabonds.
- Dans certains pays, ce n'est pas pareil de naître fille ou garçon : les fillettes sont parfois moins bien nourries, soignées ou habillées que les garçons. Et souvent, elles vont moins longtemps à l'école PROTECTION CONTRE LES MAUVAIS TRAITEMENTS ET LES VIOLENCES
De nombreux enfants, aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres, subissent de mauvais traitements qui ont des répercussions importantes sur leur état de santé et sur leur développement. Dans la plupart des cas, cette violence vient de leur famille, de leur proche entourage.
- La convention internationale des droits de l'enfant dit :
- " Les Etats protègent l'enfant contre toutes les formes de violence, d'atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation. (…)"
- Les formes de violences sont très différentes : la plupart du temps, les enfants maltraités sont privés de nourriture ou de soins, reçoivent fréquemment des coups de pied, des coups de ceinture… Il sont parfois même longuement enfermés dans des placards ou à la cave. PROTECTION CONTRE LE TRAVAIL FORCE
L'organisation des Nations unies estime que dans le monde, au moins 200 millions d'enfants travaillent.
- La pauvreté est la cause essentielle de ce phénomène, qu'on ne rencontre pas que dans les pays en voie de développement (même si ce sont les plus touchés). En Europe, par exemple en Italie, en Allemagne, au Portugal, il y a plus d'un million d'enfants qui travaillent.
Par exemple au Burkina Faso (Afrique), au Bhoutan (Asie), et au Mali, plus de 50% des enfants travaillent (chiffres du BIT - Bureau international du travail, situé à Genève). Au Bangladesh, ce chiffre est de plus de 30 %, comme au Sénégal, en Ouganda et au Timor (plus de 40%) et dans bien d'autres pays encore...
Dans les pays en voie de développement, la pauvreté y est telle que le maigre salaire de ces enfants est indispensable pour assurer sa survie et celle de sa famille.
DROIT A LA LIBERTE D'EXPRESSION ET D'ASSOCIATION
- La convention internationale des droits de l'enfant dit :
- " L'enfant a le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant."- " L'enfant a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées [...] sous une forme orale ou écrite, ou par tout autre moyen de son choix."- " L'enfant a droit à la liberté d'association et à la liberté de réunion pacifique."LA PROTECTION DES ENFANTS HANDICAPES
Certains enfants souffrent de handicaps physiques ou mentaux, qui les rendent plus particulièrement fragiles...
- La convention internationale des droits de l'enfant dit : " Les enfants mentalement ou physiquement handicapés doivent mener une vie pleine et décente dans des conditions qui garantissent leur dignité, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active à la vie de la collectivité."
LES ENFANTS FACE A LA GUERRE
Aujourd'hui, il y aurait dans le monde plus de 15 000 enfants soldats.
- La convention internationale des droits de l'enfant dit : "Les Etats ne doivent pas enrôler dans leurs forces armées toute personne n'ayant pas atteint l'âge de 15 ans."
- Enrôlés de forces ou massacrés avec leur famille, les enfants sont toujours les premières victimes, parce qu'ils sont plus faibles.
Au Cambodge, alors que la guerre est terminée depuis longtemps, les enfants continuent d'être quotidiennement victimes des mines antipersonnel. LA CONVENTION EN QUESTION
Bien que la grande majorité des Etats du monde se soit engagés à respecter et faire appliquer la Convention des droits de l'enfant (191 états sur 193 à ce jour), cela ne signifie malheureusement pas que la situation des enfants ait radicalement changé.
Elle s'est même détériorée, y compris dans de nombreux pays riches.
- La pauvreté augmentent dans les pays riches : 5 enfants sur 100 vivent dans une situation de pauvreté en Europe occidentale, 10 sur 100 en Australie, au Canada et en Grande Bretagne, 20 sur 100 aux Etats Unis.
C'est en 1945 que l'égalité des
femmes et des hommes a été admise en tant que principe fondamental
de la personne à travers l'adoption générale de la charte des
Nations Unies. En 1979, la communauté internationale décidait
de remettre en question et d'éliminer la discrimination sexuelle
qui s'exerçait contre les femmes en adoptant la CEDEF (Convention
pour l'Elimination de toutes formes de Discrimination à l'Egard
des Femmes) ou CEDAW.
Derrière ces actions et ces avancées timides se cachent, à l'évidence
pour les femmes, des années de luttes et d'acharnement pour
faire valoir leurs droits et le respect de leur personne. Des
années où la communauté mondiale dirigeante, à grande majorité
masculine, a pris lentement conscience de la condition de la
femme dans le monde et a instauré des mesures, parfois volontaires,
souvent sous la pression des ONG et sans conviction, qui ont
permis, cependant, de dresser la liste des causes et des effets
qui ont conduit directement à une discrimination dont les femmes
sont les victimes génériques depuis des millénaires. La multiplication de ces actions a conduit certains
pays à réviser leur constitution. Ainsi, plus des deux tiers
des pays du monde, dont presque tous les pays d'Amérique Latine,
ont modifié leur législation de manière à améliorer l'accès
des femmes aux ressources, à favoriser leur accès à l'éducation,
aux services sanitaires et à accroître leur rôle dans la cellule
familiale. Certains pays ont adopté et autorisé l'utilisation
de contraceptifs avec suivi et soins médicaux spécifiques. Il
s'agit notamment du Pérou, du Brésil, de la Thaïlande, du Paraguay,
du Japon et du Cambodge…
L'amélioration de la condition de
la femme a touché d'autres pays comme l'Albanie, le Burkina
Faso, l'Équateur, Fidji, Madagascar, la Pologne et le Soudan
qui ont adopté ou révisé leur Constitution de manière à interdire
la discrimination fondée sur le sexe. La France, de son côté,
a amendé sa Constitution de manière à promouvoir l'accès égal
des femmes et des hommes aux charges électives. L'Afrique
du sud a prescrit l'égalité de statut des époux dans les mariages
coutumiers. Même le Pakistan, reconnu comme un des pays les
plus discriminatoires, voire meurtrier, à l'égard des femmes,
a décidé, par l'intermédiaire de la Haute Cour de Lahore que
le mariage ne pouvait être valide sans le consentement des deux
futurs époux et qu'un tuteur n'avait plus le droit de donner
son consentement au nom de la femme sans son approbation.
Chose étonnante,
malgré toutes ces démarches planétaires, il apparaît clairement
que les avancées efficaces en matière de droits des femmes ne
s'effectuent pas à l'échelle nationale ou même internationale
mais sont le résultat d'actions isolées menées à l'échelle locale
des régions, villes et villages. C'est le cas de plusieurs petits
villages d'Afrique qui ont vu, grâce à une initiative de la
Croix Rouge et d'autres ONG, leur vie changer à partir du moment
où les femmes ont commencé à être plus indépendantes, à la fois
intellectuellement et financièrement.
Par ailleurs, certaines
campagnes d'ONG ont eu un succès inespéré grâce à l'apport informatif
et communicatif de l'Internet. En effet, en Inde, lorsque des
membres d'un mouvement militant contre l'exploitation sexuelle,
le viol, les meurtres liés à la dot, ont été mis en prison,
une alerte lancée sur Internet a contribué à faire suspendre
leur procès. Plusieurs campagnes ont vu le jour sur Internet,
notamment en ce qui concerne la journée de la femme, mondialement
connue, et qui a déjà attiré l'attention du monde entier sur
les conditions de vie des femmes afghanes, pakistanaises et
africaines. L'Internet apparaît comme un moyen puissant pour
faire pression sur les gouvernements velléitaires en matière
de respect des droits fondamentaux des femmes.
Car, il faut
bien le dire, malgré les efforts incessants de milliers de personnes
investies dans cette action en faveur des femmes, les chiffres
qui reflètent la réalité de leur vie recèlent un caractère inquiétant
! Une évaluation des progrès réalisés due au Fonds de développement
des Nations-Unies pour la femme (UNIFEM) donne à réfléchir :
"Jusqu'à présent, six pays seulement réunissent les caractéristiques
suivantes : égalité à peu près complète entre les sexes dans
la scolarisation secondaire, occupation par les femmes de 30
% au moins des sièges de parlement ou législature, exercice
par les femmes de près de 50 % des emplois rétribués dans les
activités autres qu'agricoles".
Quelles que soient les lois adoptées, l'évolution des
droits des femmes est entièrement dépendante du comportement
privé et surtout de celui des hommes, en fonction du niveau
qu'atteint la culture patriarcale dans leur pays.
En fin de compte, c'est un travail de rééducation
au niveau des individus qu'il faut commencer, un par un s'il
le faut, car le préjudice psychique et physique causé aux femmes
est tellement grand qu'il demandera sans doute d'aller parler
au cœur de chaque être…
A l'heure actuelle, dans le monde
entier, des études ont montré que ce sont toujours les mêmes
types de situations qui sont à l'origine d'actes de violence
à leur égard : le fait de désobéir au mari, répondre à ses observations,
refuser les rapports sexuels, ne pas servir à manger au moment
où il le désire, négliger les soins portés aux enfants, négliger
les travaux domestiques, se déplacer sans sa permission, soupçons.
Cette attitude extrêmement discriminatoire est aussi conditionnée
par l'image attendue de ce que doit être un "vrai homme" qui
subsiste dans certaines sociétés : un être qui affirme ses désirs,
qui ne doit donner aucun signe de faiblesse, qui pourvoit aux besoins du ménage mais ne doit rendre aucun
compte de ses dépenses (contrairement aux femmes).
Pourtant,
force est de constater que, dans bon nombre de pays, ces stéréotypes
ne correspondent plus à la réalité. Voilà près de trois générations
que le rôle de l'homme, en tant que maître du foyer, a changé
et a évolué vers plus de partage des tâches et des responsabilités. La prise de conscience des hommes sur le rôle et la responsabilité
qu'ils ont sur la santé physique et psychique des femmes jettera
un faisceau de lumière sur cette ombre encore épaisse qui stagne
au-dessus de leur tête et de leur cœur.
Malgré
le redressement économique de la région, un enfant de moins de 15 ans
sur quatre est encore dans l'extrême pauvreté. L'Unicef plaide pour un
meilleur soutien public aux familles.
Un
rapport de l’Unicef sur les pays d’Europe du sud-est et de la
Communauté des Etats indépendants (CEI) révèle de graves disparités
dans la condition des enfants, disparités que dissimulent les moyennes
nationales encourageantes.
En effet, malgré la reprise
économique de ces pays depuis la fin des années 90, un enfant de moins
de 15 ans sur quatre ne subsiste encore aujourd’hui que grâce à des
revenus d’une extrême pauvreté.
Lancé le 18 octobre 2006,
le "Rapport social Innocenti 2006 : comprendre la pauvreté dans les
pays d’Europe du sud-est et de la Communauté des Etats indépendants"
révèle que, bien que le nombre de moins de 15 ans vivant avec moins de
2,15 $ par jour a diminué de 32 à 18 millions entre 1998 et 2003, de
fortes disparités existent entre les enfants en matière de bien-être et
d’égalité des chances : la part des enfants vivant aujourd’hui dans
l’extrême pauvreté s’échelonne de 5% dans quelques pays d’Europe du
sud-est à 80% dans les pays les plus pauvres d’Asie centrale.
L’analyse
de données tirées d’observations rurales et urbaines, de ménages de
différentes tailles et structures, met en évidence des disparités entre
pays qui affectent particulièrement les mineurs dans les familles où il
y a plus de deux enfants.
Marta Santos Pais, directrice du
centre de recherche Innocenti, a déclaré lors du lancement du rapport à
Helsinki, en Finlande : « Un revenu pauvre et la privation ont un
impact très net sur les enfants. Ils affectent leur présent immédiat et
compromettent leur développement sur le long terme. Pour s’attaquer à
la pauvreté et aux inégalités parmi les enfants, les politiques et les
ressources doivent d’urgence être dirigées vers eux ».
Les
progrès pour améliorer d’autres aspects relatifs aux enfants – comme le
taux de mortalité infantile, la fréquentation de garderies et l’accès à
l’eau salubre – ont été faibles. Beaucoup de gouvernements dans la
région n’ont pas pleinement fait profiter les enfants des résultats
économiques. Les niveaux de dépenses publiques en matière de santé et
d’éducation restent dans l’ensemble bas dans de nombreux pays et n’ont
pas augmenté depuis 1998 en dépit du redressement économique.
Les
soutiens directs au revenu, sous la forme de transferts d’Etats pour
les ménages avec enfants, sont largement répandus dans la région,
souvent sous la forme de pensions. Mais ces soutiens ciblés sur les
enfants sont souvent trop modestes pour avoir un impact significatif
sur la réduction de la pauvreté.
Pour Maria Calivis,
directrice du bureau régional de l’Unicef pour l’Europe du centre et de
l’est et la Communauté des Etats indépendants, « La pauvreté des
enfants devrait être la préoccupation numéro un des gouvernements dans
la région. Les enfants continuent d’être placés en institutions : les
chiffrent ne diminuent pas, et ce malgré la baisse du taux de natalité.
L’avenir de la région est indissociablement lié au bien être des
enfants. Il doit y avoir un investissement approprié dans les services
pour enfants ».
Le rapport affirme que l’avenir de la
région dépendra d’une génération en bonne santé et ayant bénéficié d’un
enseignement convenable, ce qui requiert une meilleure utilisation des
ressources et un soutien plus généreux de la communauté internationale.
Pour faire face aux défis que pose la persistance de la
pauvreté des enfants dans la région, le rapport demande aux
gouvernements de travailler dans plusieurs directions :
• Mettre
la priorité sur les enfants dans les politiques et stratégies de réduction de la pauvreté, ce qui suppose rapidement la collecte, l’analyse et la diffusion de données sur la situation des enfants. • Avoir
une dépense publique plus importante et mieux adaptée en faveur des
services sociaux (santé, éducation, infrastructure sociale) ; réformer
les principes des allocations pour s’assurer qu’elles ciblent les
populations qui sont le plus dans le besoin. • Relever et
mieux cibler les transferts sociaux destinés aux familles ayant de
jeunes enfants de façon à leur fournir une protection efficace contre
la pauvreté tout en décourageant le placement en institutions. •Établir
une politique qui mette fin à la pratique largement répandue du placement des enfants, et manifester une volonté ferme de consacrer plus d’efforts politiques et de ressources au soutien social des
familles en crise.
L’Unicef travaille avec les familles
et les communautés de la région pour réduire les conséquences de la
pauvreté. Une politique et des réformes législatives pour protéger tous
les enfants et garantir chacun de leurs droits constituent la pierre
angulaire des programmes que mène l’Unicef avec les gouvernements. Il
s’agit, ici comme ailleurs, de soutenir l’application de la Convention
internationale des droits de l’enfant et de réaliser les Objectifs du
millénaire pour le développement.
C'est à trois stades essentiels du développement, à savoir,
la petite enfance, les années d'école primaire et l'adolescence,
que se présentent des occasions inégalées de changer la vie d'une
jeune personne.
En se renforçant mutuellement, les interventions effectués à chacun
de ces stade et le soutien apporté aux enfants permettent d'espérer
que cet engrenage de pauvreté et de sous-développement des enfants
et des femmes, qui se perpétue de génération en génération, sera
enfin brisé.
Cet espoir formidable pourrait même se réaliser en une génération.
Pour y parvenir, l'UNICEF a identifié trois objectifs prioritaires
:
Un bon départ dans la vie.
Tous les bébés doivent commencer leur vie en bonne santé et les
jeunes enfants doivent grandir entourés d'affection, dans un milieu
propice au développement de leurs aptitudes physiques, affectives
et intellectuelles.
Une éducation de base de qualité.
Une éducation de qualité, qui encourage la participation et la
réflexion critique tout en transmettant aux enfants les valeurs
de la paix et de la dignité humaine, peut transformer la société
en une génération. Lorsque leur droit à l'éducation est respecté,
les enfants sont protégés contre de multiples fléaux tels que la
pauvreté chronique, le travail en servitude, le travail domestique
forcé, l'exploitation sexuelle à des fins commerciales ou l'enrôlement
dans l'armée en période de conflit.
Quoique la majorité des enfants du monde soient scolarisés, 110
millions d'entre eux, dont près de 60 % de filles, restent privés
d'instruction. En effet, dans certaines sociétés, on considère que
celles qui sont destinées à être des mères et des épouses n'ont
pas besoin d'aller à l'école.
Tous les enfants doivent avoir accès à une éducation de base dispensée
dans un cadre propre, sans risque et intellectuellement stimulant
afin d'acquérir la confiance en soi et les aptitudes dont ils auront
besoin toute leur vie. Ils doivent également pouvoir achever cette
éducation.
Des adolescents qui sont des citoyens
attentifs, productifs et responsables.
L'adolescence est une période vulnérable, quoique remplie de promesses.
Il faut donc offrir aux jeunes gens un milieu favorable et sans
risque où ils auront fréquemment l'occasion de participer à la vie
de la collectivité et de développer pleinement leur potentiel.
Protéger les droits des adolescents est un moyen efficace de les
« vacciner » contre les maladies sexuellement transmissibles, notamment
le VIH /SIDA, et de faire reculer les taux d'abandon scolaire, de
toxicomanie et les comportements violents. Les jeunes sont souvent
les mieux placés pour convaincre et aider les enfants du même âge.
Les adolescents, comme tous les enfants, ont le droit d'être entendus
et d'être associés aux décisions qui pèsent sur leurs intérêts,
en fonction de leur âge et de leur maturité.
Genève/Pékin, 26 novembre 2005
- Quarante-six pays n'auront pas réussi à atteindre
l'objectif de scolariser autant que filles que de garçons
avant la fin de 2005, déclare l'Unicef à l'occasion
du lancement d'un rapport illustrant les réussites obtenues
et les défis à surmonter pour obtenir la parité
des sexes dans l'éducation.
La parité des sexes (en 2005 à l'école
primaire et secondaire et en 2015 à tous les niveaux d'enseignement)
est la cible qu'il faut absolument atteindre pour réaliser
l'Objectif du Millénaire pour le développement (OMD)
visant à l'égalité des sexes et à
l'autonomisation des femmes (OMD 3), et aussi pour parvenir à
l'éducation primaire universelle en 2015 (OMD 2).
Malgré cela, près de 115 millions d'enfants,
dont une majorité de filles, ne fréquentent toujours
pas l'école primaire, selon l'Unicef, organisme chef
de file de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation
des filles.
Le rapport Parité des sexes dans l'éducation
: résultats et perspectives, connu sous le nom de Rapport
GAP, examine plus particulièrement les différences
persistantes entre filles et garçons au niveau de la scolarisation
dans le primaire.
Tout en soulignant que 46 pays n'ont pas atteint ce but, le
rapport déplore que dans d'autres pays, le taux absolu
de scolarisation reste encore beaucoup trop bas.
Le fait de les exclure de l'école n'affecte pas seulement
les filles et leurs
familles, rappelle le rapport. Cela met également
en péril les initiatives de développement, car l'on
a prouvé que l'éducation des filles joue un rôle
important dans le développement social et économique.
"L'éducation est un élément fondamental
dans la vie d'un enfant, fait valoir la directrice générale
de l'Unicef, Ann M. Veneman. Le progrès national
repose sur l'instruction, des filles en particulier, car elle
débouche sur une plus grande productivité économique,
une baisse de la mortalité maternelle et infantile et une
probabilité plus grande de voir les enfants de la génération
suivante aller à l'école". "Il est tout
à fait possible d'atteindre cet objectif, car nous savons
que beaucoup de pays ont accompli de grands progrès dans
cette direction", affirme Mme Rima Salah, directrice
générale adjointe de l'Unicef.
Sur les 180 pays pour lesquels on dispose de données,
125 (91 pays en
développement et 34 pays industrialisés)
parviendront à la parité des sexes en 2005, inscrivant
ainsi le même nombre de filles que de garçons à
l'école.
Les enfants se voient privés d'éducation pour
des raisons diverses, la pauvreté par exemple, ou la discrimination
sexuelle, une mauvaise gouvernance, la maladie (dont le VIH/SIDA)
ou encore des catastrophes naturelles ou des crises humanitaires.
Evoquant l'impact du VIH/SIDA sur les enfants, les enseignants
et les écoles, Mme Veneman rappelle que la campagne de
l'Unicef : "Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA",
lancée récemment, avait pour objectif de sensibiliser
la communauté internationale au sort des millions d'enfants
dont l'éducation a été affectée par
cette pandémie mondiale. Les enfants, surtout les filles,
dont les parents vivent avec le VIH, sont souvent obligés
de quitter l'école et de travailler pour faire vivre le
reste de la famille.
L'Unicef recommande plusieurs mesures spécifiques
pour parvenir à
l'éducation primaire universelle
d'ici à 2015 :
abolir les frais de scolarité et autres coûts
au niveau national,
offrir des bourses d'études et autres incitations
financières aux enfants désavantagés,
fixer un plafond aux frais tels que les uniformes, les
manuels scolaires et autres dépenses qui compromettent
l'éducation,
donner un statut "d'urgence" aux nations ayant
des taux de scolarisation
et de fréquentation peu élevés
et leur offrir le même type d'assistance financière
immédiate et de soutien technique qu'aux pays en situation
de crise,
utiliser le système scolaire pour proposer d'autres
services essentiels aux enfants, tels qu'une bonne alimentation,
des vaccins et des cours d'hygiène.
Pour garantir l'éducation primaire universelle d'ici
à 2015, le taux de scolarisation mondial devra augmenter
de 1,3 pour cent par an pendant les dix prochaines années.
Certains pays devront progresser à un rythme beaucoup plus
soutenu. Ainsi, le Bénin devra avancer au rythme de 2,88
pour cent par an, l'Erythrée doit progresser de plus de
4 pour cent annuellement, le Népal de 2,25 pour cent et
l'Afghanistan de 3,9 pour cent.
Ce rapport représente une première étape
dans l'évaluation des progrès accomplis vers la
cible de parité des sexes, et il débouchera sur
un examen technique d'ensemble. Il contient des enquêtes
approfondies sur le terrain ainsi que des rapports nationaux présentés
sous forme multimédia, provenant d'institutions des Nations
unies, d'ONG, de pays donateurs et de bureaux de pays. Il se concentre
particulièrement sur 25 pays clés qui ont le plus
d'obstacles à franchir pour scolariser leurs enfants, les
filles en particulier.
Sources : Nations unies et Unicef. New York, novembre
2005.
OBSERVATIONS FINALES SUR LES RAPPORTS PRÉSENTÉS EN VERTU DE LA CONVENTION



KENYA.
Dans ses observations finales sur le deuxième rapport périodique du Kenya, le Comité
note avec satisfaction l'adoption d'une législation visant à promouvoir
et protéger les droits de l'enfant, dont témoignent notamment la loi de
2001 sur les enfants, la loi de 2006 sur les délits à caractère sexuel
ainsi que la loi de 2006 sur les réfugiés. Il salue également la
ratification par le Kenya d'un certain nombre d'instruments
internationaux, au nombre desquels le Protocole facultatif à la
Convention portant sur l'implication des enfants dans les conflits
armés. Au titre des facteurs et difficultés entravant la mise en œuvre
de la Convention, le Comité cite notamment la forte incidence du
VIH/sida dans les zones urbaines comme rurales. Le Comité prie
instamment le Kenya de poursuivre l'harmonisation de sa législation nationale avec les dispositions de la Convention,
notamment en achevant la révision de la législation relative aux
enfants orphelins et vulnérables, et d'œuvrer à l'adoption et à la mise
en œuvre, sans délai, des diverses lois et politiques proposées qui
bénéficient aux enfants et les protègent, ne ménageant à cette fin
aucun effort pour mettre effectivement en œuvre, à titre prioritaire,
la loi sur les enfants.
Le Comité se dit préoccupé par la persistance, tant dans la politique que dans la pratique, de la discrimination à l'égard de certains groupes d'enfants,
en particulier pour ce qui est des fillettes, des enfants appartenant à
certaines minorités, des enfants handicapés, des enfants réfugiés et
des enfants requérants d'asile. Le Comité se dit également préoccupé
par la discrimination de facto à laquelle sont exposés les enfants nés
hors mariage, les enfants affectés ou infectés par le VIH/sida, les
orphelins, les enfants des rues et les enfants nés de mère kényane et
de père non kényan. Le Kenya est instamment prié de poursuivre la
révision de l'ensemble de sa législation afin de la rendre pleinement
conforme aux dispositions de l'article 2 de la Convention et de
s'assurer de la pleine mise en œuvre, dans la pratique, de toutes les
dispositions législatives. Le pays est instamment prié de combattre la
discrimination en assurant l'égalité d'accès à l'éducation, aux soins
et aux établissements de santé ainsi qu'aux programmes de réduction de
la pauvreté.
Le Comité se dit par ailleurs profondément préoccupé par le fort pourcentage d’enfants non enregistrés à la naissance,
en particulier dans les zones rurales, ainsi que par la discrimination
existant en la matière à l’encontre des enfants nés hors mariage et des
enfants nés de père non kényans. Il note en outre qu’en dépit d’une
interdiction clairement énoncée dans la législation, les informations
indiquent qu’elle existe encore dans la pratique. Le Comité se dit
préoccupé par l’usage excessif de la force et par les enfants tués par
balle à Kisumu en octobre 2005, ainsi que par les informations
indiquant que des viols de fillettes par des agents responsables de
l’application des lois n’ont pas fait l’objet d’enquêtes. Le Kenya est
instamment prié de revoir sa législation et de s’assurer de sa mise en
oeuvre effective afin d’accorder aux enfants une meilleure protection
contre la torture et les mauvais traitements. Tout en se réjouissant de
l’interdiction, en vertu de la loi sur les enfants de 2001, des
châtiments corporels à l’école et dans les institutions, le Comité
continue d’être préoccupé par le fait que les châtiments corporels
restent pratiqués à la maison, ainsi que dans le contexte du système
pénal, dans celui des soins de substitution et dans le contexte de
l’emploi. Le Comité se dit par ailleurs préoccupé par les
informations indiquant que les adoptions internationales irrégulières
et l’éventuel trafic d’enfants à cette fin existent encore.
Le
Comité fait en outre part de sa préoccupation face au nombre croissant d’enfants faisant l’objet de trafic interne et engagés dans la prostitution dans le cadre du tourisme sexuel,
en particulier dans les régions côtières du pays. À cet égard, est jugé
particulièrement préoccupant le fait qu’aucun âge minimum ne soit fixé
pour le consentement sexuel des garçons. Le Comité se dit par ailleurs
préoccupé par les informations indiquant que bien que la peine capitale
soit illégale pour les enfants, des informations font état d’enfants ayant été condamnés à mort.
Il est recommandé au Kenya d’élever l’âge de la responsabilité pénale
(8 ans actuellement) au moins à 12 ans. Il est également recommandé au
Kenya de garantir qu’aucun enfant ne soit condamné à mort.
MALI.
En ce qui concerne le deuxième rapport périodique du Mali, le Comité note
avec satisfaction l’adoption de la loi de 2006 rendant gratuit
l’enregistrement des naissances; du décret créant la Commission
nationale des droits de l'homme; du décret garantissant la gratuité du
traitement antirétroviral; de la loi de 2001 sur la responsabilité
pénale des mineurs et la création des tribunaux juvéniles. Au titre des
facteurs et difficultés entravant la mise en œuvre de la Convention, le Comité reconnaît les défis auxquels est confronté le Mali,
à savoir le taux élevé de pauvreté, les sérieux problèmes
d’accessibilité, en particulier dans les vastes zones désertiques du
pays, ainsi que la prévalence de traditions et de coutumes susceptibles
d’entraver les progrès vers la pleine réalisation de tous les droits de
l’homme et libertés fondamentales des enfants. Il est recommandé au
pays d’adopter et d’appliquer pleinement le Code de protection de
l’enfance, notamment en mettant en place les délégués à la protection
de l’enfance et les délégués à la liberté surveillée. Il est en outre
recommandé au Mali de renforcer de toute urgence ses efforts afin
d’accroître les budgets consacrés à la mise en œuvre de la Convention.
Le Comité se dit préoccupé par le fait que, dans la pratique, la discrimination persiste à l’encontre des fillettes et de certains groupes d’enfants,
en particulier les enfants handicapés, les enfants nés hors mariage,
les enfants des familles défavorisées et les enfants des rues, y
compris les garibou. Le Comité se dit en outre préoccupé par les dispositions légales empêchant les enfants d’acquérir la nationalité malienne par leurs mères.
L’enregistrement des naissances est un processus compliqué, poursuit le
Comité; un grand nombre d’enfants ne sont pas enregistrés, ni à la
naissance ni plus tard et de grandes disparités existent en la matière
entre zones urbaines et zones rurales et reculées. Le Comité reste par
ailleurs préoccupé par le fait que les châtiments corporels soient légaux à la maison
et qu’ils soient utilisés au sein des familles, dans les écoles
coraniques et dans les cadres de soins alternatifs, sans être
explicitement interdits dans les institutions pénales. Il est
recommandé au Mali d’élaborer et de mettre en œuvre une politique
nationale globale pour les soins et la protection des orphelins et
autres enfants vulnérables. Le Comité reste préoccupé par le fait que
les adoptions internationales n’aient pas encore été suffisamment
réglementées et que des enfants continuent de quitter le pays sans
approbation des autorités en charge des questions d’adoption.
Le Comité se dit profondément préoccupé qu’aucuneinterdiction légale ne vise spécifiquement la pratique des mutilations génitales féminines.
Est également jugée préoccupante la persistance de mariages précoces et
forcés. Le Comité reste en outre préoccupé par le nombre élevé
d’enfants infectés et/ou affectés par le VIH/sida et par le manque de
mesures préventives prises ainsi que par l’assistance inadéquate
apportée aux orphelins du sida. D’autre part, le Comité reste
profondément préoccupé par la persistance de faibles taux de scolarisation et par les taux élevés d’illettrisme parmi les enfants.
Il reste également profondément préoccupé par le nombre élevé et
croissant d’enfants des rues et d’enfants mendiants. Le Comité note à
cet égard que ces enfants mendiants – ou garibou - sont des
élèves placés sous la garde des enseignants des écoles coraniques
appelés marabouts. Ces enfants sont vulnérables à toutes les formes de
violence, d’abus sexuels et d’exploitation, notamment économique. Est par ailleurs jugé préoccupant le nombre élevé d’enfants travaillant au Mali. Restant préoccupé par le trafic transfrontalier
d’enfants vers d’autres pays de la région, en particulier du Mali vers
la Côte d’Ivoire, le Comité recommande au Mali de prendre des mesures,
y compris législatives, afin de prévenir le trafic d’enfants et de
protéger les enfants contre ce trafic.
HONDURAS.
Dans ses observations finales sur le troisième rapport périodique du Honduras, le Comité
se réjouit de l’adoption, en 2005, du plan national concernant les
opportunités en faveur des enfants et des adolescents. Il note avec
satisfaction l’accord conclu par le pays avec le Fonds des Nations
unies pour l’enfance, pour la période 2002-2006, afin d’appuyer la mise
en œuvre de la Convention. Il se réjouit en outre de la mise en place,
en 2002, d’une commission interinstitutionnelle contre l’exploitation
sexuelle des enfants et des adolescents à des fins commerciales. Au
titre des facteurs et difficultés entravant la mise en oeuvre de la
Convention, le Comité reconnaît que, si près de neuf années se sont
écoulées depuis, le Honduras continue de panser les plaies liées aux
effets de l’ouragan Mitch qui a dévasté le pays en 1998, causant des
milliers de morts et détruisant la plupart des infrastructures alors
que plus de 20% de la population étaient laissés sans abri suite au
passage de cet ouragan.
Le Comité se dit extrêmement préoccupé par le nombre très élevé de disparitions et de meurtres extrajudiciaires d’enfants,
y compris entre les mains de membres des forces de police, ainsi que
par le fait que ces meurtres ne donnent pas lieu à une ferme
condamnation ni à une action adéquate de la part des autorités et du
public dans son ensemble. Nombre de ces crimes sont restés jusqu’ici
impunis, insiste le Comité. Il est notamment recommandé au Honduras de
réduire la disponibilité des armes et d’assurer que leur vente ne se
fasse que sous strict contrôle gouvernemental. Il lui est également
recommandé de traiter les causes profondes de ces actes violents,
notamment la pauvreté et la marginalisation, étant donné que ces actes
semblent se produire dans les zones métropolitaines les plus pauvres de
Tegucigalpa et San Pedro Sula.
Le Comité fait en outre part de sa préoccupation face à la violence domestique et à la violence contre les enfants, y compris les abus sexuels, qui constituent un problème sérieux et croissant au Honduras – 4’000 cas de violence, d’abus et de mauvais traitements à l’encontre d’enfants étant rapportés chaque année.
Le Comité se dit en outre préoccupé par la situation générale des
enfants handicapés dans le pays, un très fort pourcentage d’entre eux
ne suivant pas l’école primaire et n’achevant aucun niveau d’éducation.
D’autre part, la malnutrition, en dépit de quelques progrès, reste une
des causes principales de mortalité infantile et se situe à un niveau
très élevé, en particulier dans les zones rurales. En outre,
l’incidence du VIH/sida croît de manière inquiétante au Honduras et se
situe à un niveau substantiellement plus élevé que la moyenne de la
région. Le Comité reste également préoccupé par la faible qualité de l’éducation dans le pays et
par le taux d’illettrisme élevé qui y prévaut. Est également jugé
préoccupant le nombre encore élevé d’enfants, en particulier dans les
zones rurales et parmi la population autochtone, qui travaillent dans
des conditions hautement dangereuses et dans des conditions
d’exploitation.
Le Comité se dit également préoccupé que l’exploitation sexuelle
des enfants, en particulier des fillettes, et le trafic à cette fin
sont de sérieux problèmes au Honduras. En outre, la prostitution des enfants et le tourisme sexuel visant les enfants sont communs et orientés à la hausse.
S’agissant de l’administration de la justice pour mineurs, le Comité se
dit préoccupé par le fait que la privation de liberté est régulièrement
utilisée en raison du manque de mesures
alternatives. Le Comité est également préoccupé par les mauvaises
conditions de détention, en dépit de progrès récents, dans les centres
pour enfants. De plus, les décisions de privation de liberté ne sont
pas révisées périodiquement.


MALAISIE.
En ce qui concerne le rapport initial de la Malaisie, le Comité félicite
le pays pour les améliorations notables qu’il a apportées dans les
domaines économique et social, notamment du fait de ses investissements
continus dans les services de santé, dans la protection des
infrastructures et dans le système éducatif. Il note en outre avec
satisfaction la mise en place en 2005 de la Division spéciale des
enfants au sein du Ministère du bien-être social. Il se réjouit
également de l’adoption de la loi de 2001 sur les enfants, qui est
guidée par les principes de la Convention. Le Comité recommande
néanmoins au pays de mener une étude comparative internationale sur
les implications du système juridique dualiste associant droit civil et
loi de la charia et, sur la base des résultats de cette évaluation, de prendre les mesures nécessaires pour réformer le système dualiste en vue de retirer les incompatibilités entre ces deux sources de droit
afin de créer un cadre juridique harmonieux susceptible, par exemple,
de fournir des solutions aux différends pouvant opposer, en matière de
droit familial, les musulmans et les non-musulmans.
Le Comité se dit alarmé par le nombre élevé de travailleurs migrants domestiques dans le pays,
y compris des enfants domestiques qui travaillent dans des conditions
qui sont dangereuses et interfèrent avec leur éducation. S’agissant des
enfants des rues, le Comité note avec préoccupation que des "opérations
de nettoyage" se sont traduites par la détention d’enfants des rues et
que les attitudes publiques négatives et les préjugés à l’encontre de
ces enfants ne font qu’exacerber leur situation déjà difficile. Etant
donné que la Malaisie est un pays de destination, mais aussi un pays d’origine et de transit pourle trafic des enfants à des fins d’exploitation sexuelle et de travail forcé,
le Comité note avec une grande préoccupation l’absence de loi et de
politique spécifique visant à combattre le trafic entre pays. Le Comité
se dit par ailleurs préoccupé par l’usage croissant de drogues illégales, en particulier les amphétamines et
l’ecstasy, parmi les adolescents. Enfin, le Comité recommande à la
Malaisie d’accroître de toute urgence l’âge de la responsabilité pénale
en le portant à au moins 12 ans et d’élaborer et mettre en œuvre un
système complet de mesures alternatives à la privation de liberté.
CHILI.
S'agissant du troisième rapport périodique du Chili, le Comité
note avec satisfaction les nombreuses mesures législatives et
programmatiques prises par le pays pour mettre en œuvre la Convention,
au nombre desquelles figurent la réforme constitutionnelle de 2003 qui
étend à un minimum de 12 ans l'obligation scolaire; la mise en place du
plan de santé baptisé AUGE; la création des tribunaux de la famille; ou
encore la création des bureaux de protection des droits de l'enfant. Le
Comité tient également à saluer la ratification par le Chili des deux
protocoles facultatifs se rapportant à la Convention. Il est toutefois
recommandé au Chili d'acheverrapidement le processus de réforme de la loi juvénile de 1967
afin d'assurer une protection globale à tous les enfants et d'établir
une distinction claire entre les enfants ayant besoin de protection et
ceux qui sont en conflit avec la loi.
Le Comité
regrette en outre que la coopération avec la société civile reste
limitée. Tout en se réjouissant que l'âge minimum du mariage ait été
élevé à 16 ans pour les garçons et les filles, le Comité recommande au
Chili de revoir encore la législation afin de porter cet âge à 18 ans.
Le Comité reste en outre préoccupé que certains groupes vulnérables -
notamment les enfants autochtones, migrants et réfugiés, ainsi que les
enfants handicapés, les enfants issus de milieux socioéconomiques
défavorisés et les enfants vivant dans les zones rurales - continuent
d'être victimes de discrimination, en particulier du fait de leur accès
réduit à l'éducation. Le Comité note par ailleurs que les grossesses continuent de se traduire par l'expulsion des filles du système scolaire
en dépit d'une interdiction explicite de toute discrimination sur cette
base. Le Comité se dit également préoccupé par le fait que les
relations homosexuelles en dessous de 18 ans continuent d'être
pénalisées, ce qui témoigne d'une discrimination fondée sur
l'orientation sexuelle.
Le Comité se dit en outre préoccupé que les enfants continuent d'être soumis à des traitements cruels,
inhumains et dégradants de la part d'agents responsables de
l'application des lois, notamment dans les lieux de détention. Sont
également jugées préoccupantes les informations faisant état d'un usage
excessif de la force et de détentions arbitraires par la police durant
les manifestations étudiantes de 2006. De l'avis du Comité, il est regrettable que le Code civil semble autoriser les châtiments corporels au foyer.
Le Comité reste préoccupé par le fait que les cas de violence et d'abus
sexuels contre les enfants sont en augmentation. Est aussi jugé
préoccupant le caractère inadéquat des ressources disponibles pour les
enfants handicapés, en particulier pour ce qui est de garantir leur
droit à l'éducation. Se disant préoccupé par le taux élevé de
grossesses d'adolescentes, le Comité prie instamment le Chili de revoir
sa politique consistant à pénaliser l'avortement en toutes
circonstances, y compris en cas de viol, d'inceste ou lorsque la vie de
la mère est en danger.
Le Comité
exprime par ailleurs sa préoccupation face au grand nombre d'enfants
qui sont victimes d'exploitation économique et se dit en particulier
alarmé par le grand nombre de ceux qui sont exposés à des travaux
dangereux et/ou dégradants. Est aussi jugé préoccupant le nombre élevé d'enfants des rues et la stigmatisation dont ils continuent de souffrir.
Le Comité regrette par ailleurs le caractère inadéquat des mesures de
prévention en ce qui concerne l'exploitation sexuelle et la vente
d'enfants. Le tourisme sexuel est jugé préoccupant. Le Comité se dit
préoccupé par la nouvelle législation en matière de responsabilité
pénale des adolescents, qui autorise la privation de liberté pour une
durée pouvant aller jusqu'à cinq ans à l'encontre des adolescents âgés
de 14 à 16 ans ainsi que l'application, dans certaines circonstances,
d'une réponse pénale pour les enfants de moins de 14 ans. Enfin, le
Comité regrette que la Constitution chilienne ne contienne toujours pas
de dispositions spécifiques reconnaissant les peuples autochtones et
leurs droits. Le Comité se dit préoccupé par le haut niveau de
corrélation existant entre pauvreté et origine autochtone, ainsi que
par la discrimination de facto que continuent de subir les enfants autochtones, en particulier dans les domaines de l'éducation et de la santé.
Globetrotter dans l'âme maintenant plus que dans l'action, parce que famille et études à plein temps obligent.
Ce blog présentera au fil de mes temps libres (!)
des articles sur des sujets aussi vastes que le vie.
Et puis, je passe tellement de temps sur Google, qu'autant faire bénéficier les résultats de mes recherches au plus grand nombre.
Je mettrai donc en ligne des tas de liens regroupés par thème.