De part sa situation géographique singulière, véritable bout
de terre perdu entre les deux pays qui comptent le nombre le
plus élevé d'habitants au monde, le royaume du Népal est une
enclave charnière reliant les deux gigantesques portes des empires
chinois et indiens. Pays de l'extrême, sa condition d'équilibriste frontalier reflète
parfaitement l'instabilité politique dans laquelle il évolue
depuis plusieurs décennies.
Lorsque l'on se penche sur l'importance accordée par les
autorités dirigeantes à la condition de vie des femmes népalaises,
le constat est qu'il ne donne pas l'image d'un
pays démocratique soucieux des droits humains! Pourtant,
en 1990, le royaume du Népal était le seul pays de l'Asie du
Sud-est à ratifier sans réserve certaines conventions majeures
sur le respect des droits humains et notamment la CEDEF concernant
particulièrement les droits des femmes.
Dans ce contexte politique défavorable, les femmes ne concentrent,
sur elles et leurs droits, que peu d'intérêt. D'autant que la
puissance des coutumes discriminatoires, pour la plupart empruntées
à l'Inde et à la Chine, font des filles et des femmes une classe
inférieure, des individus de moindre importance, et ce, avant
même leur naissance. Les règles de ces traditions patriarcales
expriment déjà que la venue au monde d'un garçon sera grandement
plus appréciée que celle d'une fille. Ensuite, comme il est
coutume de ne pas savoir ce que l'on va bien pouvoir faire d'une
fille au sein des familles, jugée inutile et non porteuse d'avenir,
il paraît plus simple de la vendre, avant qu'elle ne devienne
"femme", à des trafiquants pour alimenter le marché de la prostitution
en Inde, ou bien de les donner en offrande à un temple où elles
serviront d'esclaves sexuelles aux prêtres - c'est ce que l'on
appelle le système des "deuki" - avant d'être parfois rejetées
et livrées à elles-mêmes sur les trottoirs népalais ou d'ailleurs.
Ainsi, le fossé qui sépare la signature de certains traités
internationaux, relatifs au respect de la personne humaine,
de la réalité des citoyennes népalaises est large et profond.
Un abîme qui s'accentue dans l'application permanente de toutes
formes de discriminations à l'encontre de leur intégrité, notamment
par le manque de scolarisation des filles et le poids délibéré
qu'elles constituent pour sa communauté familiale ; par le système
de la dot qui incombe à la future mariée, courant le risque
d'être battue, parfois à mort, si celle-ci est estimée insuffisante
par le futur mari et la belle-famille ; par la quantité, encore
trop importante, de mariages qui se révèlent donc précoces et
qui sont bien souvent la raison de mauvais traitements perpétrés
à l'égard des jeunes mariées à cause de la différence d'âge
en vigueur entre les deux époux ; mais, aussi, par le nombre
encore considérable de lois qui leurs sont discriminatoires
et qui favorisent sans détour les hommes au détriment des femmes,
notamment sur les biens de propriété ou les témoignages en cas
de procès de femmes violées ou battues ; et, enfin, par cette
loi qui interdit la pratique de l'avortement, même en cas de
viol, et qui rend passibles, celles qui en feraient l'usage,
de plusieurs années d'emprisonnement.
Si aujourd'hui le Népal est toujours le royaume
qui porte le toit du monde, il est loin d'être celui qui le
représente : entre la cave et le grenier, il y a l'endroit où
l'on vit !
En Inde, les droits des femmes restent
malheureusement limités. Durant sa vie, la femme doit faire face à de nombreux
obstacles. Voici les difficultés qu’une femme peut rencontrer durant son
évolution, de sa naissance jusqu’à sa vie conjugale et maternelle.
Dès la naissance, les bébés de sexe
féminin ont moins de chances de vivre que les bébés de sexe masculin. En effet,
l’amniocentèse, davantage pratiquée pour déterminer le sexe du fœtus que pour
déceler des pathologies du bébé, favoriserait les avortements sélectifs : les
estimations portent à 10 millions le nombre de filles qui ne sont pas nées dans
ce pays. La raison de ces avortements est que les Indiens préfèrent avoir un
garçon, car ce sont eux qui perpétuent le patronyme, s'occupent des parents
lorsqu'ils sont vieux et, surtout, héritent des terres. En revanche, pour les
Indiens, les filles n'apportent rien, bien au contraire, car il faut même payer
leur dot à la famille de leur mari. Un vieux proverbe résume même cette
situation : "Élever une fille, c'est comme arroser le jardin d'un voisin".
Dès leur plus jeune âge, les petites
Indiennes se doivent au travail ou à la tenue de la maison familiale,
l’éducation scolaire n’étant pas considérée comme une priorité.
28 millions de fillettes sont
malheureusement privées de scolarité. La
pauvreté et la discrimination sont les principales causes de ce phénomène. En étant privées d’école, ces fillettes ne
pourront pas se cultiver, apprendre à raisonner par elles-mêmes, se former à un
métier d’avenir pour pouvoir devenir autonomes et enfin ne plus dépendre ni du
père ni du mari.
En Inde, 46% des femmes de 20 à 24 ans
se sont mariées ou vivaient en concubinage avant l’âge de 18 ans. L’une des
principales raisons est d’ordre économique. En Inde, où les ménages pauvres
s’endettent pour verser une dot à la famille du mari, la somme est d’autant
moins élevée que la fille est jeune. Une autre raison tient à l’espoir d’écarter
les filles de possibles agressions sexuelles. Cette pratique devient un obstacle à quasiment tous les objectifs :
éliminer la pauvreté et la faim, parvenir à l’éducation primaire universelle,
promouvoir l’égalité des sexes, protéger la vie des enfants, améliorer la santé
maternelle, combattre les épidémies et les maladies.
Enfin, en terme de santé, si le mariage précoce n’est
pas une cause directe de mortalité, il reste l’un des facteurs aggravant les
risques de mortalité maternelle et infantile, essentiellement à cause des
grossesses prématurées, et les risques d'infections sexuellement transmissibles,
y compris le VIH/Sida. Alors qu'en Inde les mariages arrangés sont la norme, ce
manque de femmes a poussé de nombreuses familles à rechercher une épouse pour
leur fils dans certains États montagneux et même à l'étranger (comme au Népal ou
au Bangladesh), où un commerce matrimonial, parfois criminel (enlèvements), est
apparu.
Il faut savoir que les jeunes filles une fois mariées peuvent subir des menaces,
des violences… Elles sont parfois victimes du chantage de la belle famille qui
souhaite recevoir plus d’argent. Sous prétexte que la dot n’est pas suffisante,
les assassinats de femmes ne cesse d’augmenter depuis les années 1980. On
estime que le nombre de femmes assassinées s’élève à 6 000 par an alors que la
dot a été abrogée en 1955 ! C’est la raison pour laquelle le parlement
indien a promulgué en août 2005 la Loi de Protection de la Femme contre la
Violence Domestique qui protège non seulement la femme de la violence de son
mari ou de ses fils, mais également de la belle famille avec laquelle elle
cohabite.
De plus, la
justice ne considérant pas les viols domestiques de la même manière que les
viols extraconjugaux, les époux n'encourent aucune peine véritable. La traite
des femmes et des jeunes filles est extrêmement prolifique vers les pays
voisins, le Moyen-Orient, l'Europe de l'Est et de l'Ouest. Ainsi, le tourisme
sexuel peut se développer et atteindre des proportions toujours plus inhumaines.
Enfin, les femmes
indiennes n'ont, en tant qu'adulte, aucune garantie de jouir de leurs droits et
de leur liberté au même titre que les hommes. Elles sont soumises à des lois sur
le statut personnel fondées sur des règles religieuses qui renforcent
l'inégalité par rapport aux hommes en matière de divorce, de droits sociaux de
base et de droits successoraux.
On peut cependant signaler qu’au parlement indien, il y a plus de femmes qui siègent
qu’en France. On peut alors se poser la question : les femmes pourraient-elles
enfin sortir de leur soumission et s’exprimer librement et sans contrainte pour
se défendre contre ces injustices ?
Parce qu'il ne supportait pas
de ne pas avoir eu un garçon, un père a enterré vivantes ses deux
jumelles âgées de seulement six jours près de sa maison dans l'ouest de
l'Inde.
Les deux bébés sont morts, selon la police.
La semaine dernière, Samantsinh Sodha voulait un fils mais son
épouse a donné naissance à deux filles à Nakhtrana, une ville de l'Etat
du Gujarat.
Sodha, employé dans une station-services, a pris les deux jumelles
alors que sa femme était endormie et les a enterrées dans un puits,
mercredi soir.
L'homme a été arrêté jeudi.
La société indienne privilégie depuis longtemps les garçons
notamment parce qu'ils n'obligent pas les parents à amasser une dot qui
ruine la plupart des familles pauvres quand leurs filles se marient.
Nombreux sont les couples en Inde qui ont recours à l'avortement quand
ils apprennent que ce sera une fille.
Selon plusieurs organisations internationales, la pratique très
répandue a coûté la vie à plus de dix millions de foetus féminins au
cours des vingt dernières années, conduisant à un déséquilibre entre
hommes et femmes en Inde.
Les touristes occidentaux et spécialement d'Europe du Nord, sont à l'origine de ce fléau qui ravage des pays comme la Thaïlande, le Vietnam (11), le Brésil, l'Inde, les Philippines ou certains pays d'Afrique. Les enfants sont victimes d'enlèvements ou sont achetés à leurs familles, puis sont séquestrés dans des maisons closes pour être vendus aux touristes occidentaux dont la conscience est en vacances pour quelques temps.
En Thaïlande, un programme de recherche établi par le centre d'économie politique de la Chulalongkorn University (12) de Bangkok a mis en évidence les chiffres du tourisme sexuel dans ce pays. Il représenterait entre 90 et 100 milliards de francs soit à peu près la moitié du budget 1995 de la nation. Cette énorme activité illégale - qui n'existe que parce que le gouvernement ferme les yeux - est "blanchie" à travers des placements immobiliers, des transactions boursières et l'industrie du divertissement. Les recherches ont pu identifier 20 à 30 membres du parlement compromis dans ce trafic, en participant directement, en protégeant, en finançant et en aidant ces activités. Les chercheurs estiment que 10 à 20 % des prostitués sont mineurs.
En 1990, le tour opérateur britannique Sunmed écrivait dans sa brochure "Go Places", en parlant des Thaïlandais : "ils sont des Peter Pan, éternels enfants qui n'ont jamais grandi..." et en parlant de la Thaïlande : "c'est le pays le plus sensuel et le plus ouvertement sexuel de la planète". La brochure recommandait aux visiteurs potentiels de Pattaya : "si vous pouvez le sucer, l'utiliser, en manger, le sentir, l'essayer, en abuser ou simplement regarder, n'hésitez-pas : tout est possible dans ce lieu qui ne dort jamais. Pattaya n'est pas fait pour les prudes.". La même année, la compagnie aérienne autrichienne Lauda Air est condamnée à présenter des excuses à la Thaïlande et à retirer le magazine de bord qui vantait les charmes du pays dans des termes similaires (13).
Au Sri Lanka, le développement du tourisme (+ 10,5 % de croissance en 1995) est allé de paire avec celui du tourisme sexuel. Selon l'organisation PEACE (Protecting the Environment and Children Everywhere), entre 15 et 20 000 enfants de 6 à 14 ans sont esclaves dans des bordels. 5 à 10 000 mineurs se prostituent, essentiellement des jeunes garçons. Du fait des habitudes culturelles, les fillettes sont mieux protégées (14). Le cas de l'Asie est préoccupant car des tour opérateurs peu scrupuleux qui font de cette activité leur fonds de commerce ont développé une offre spécifique et proposent des forfaits où cette forme de tourisme est implicitement incluse.
Toutefois aucune région du monde sous-développé n'échappe vraiment à ce fléau, condamnant des enfants à peine pubères au sida et à une déchéance physique et morale complète. Au Brésil, dans l'état du Nordeste, la prostitution enfantine a pris une telle ampleur qu'une Commission Parlementaire d'Enquête a été créée. Les trois villes touristiques littorales de Mossoro, Natal et Cabo semblent particulièrement exposées. Parfois complices, souvent dépassées, les autorités des pays concernés laissent faire en fermant les yeux, au vu des devises que rapporte cette forme de tourisme.
C'est probablement l'aspect le plus scandaleux de l'impact du tourisme sur les pays du Sud et quoique le combat contre l'exploitation sexuelle des enfants ait été très médiatisé et soit condamné unanimement notamment à l'occasion de conférences internationales (15), cela reste une triste réalité pour des centaines de milliers d'enfants à travers le monde.
Malheureusement, c'est loin d'être le seul aspect négatif du tourisme. D'autres dégâts sont constatés sur les populations d'accueil, qu'ils soient évidents, comme le cas que nous venons d'invoquer ou plus insidieux et progressifs.
La prostitution des adultes
Ce n'est pas non plus une fatalité pour les pays du Sud et on constate malheureusement trop souvent que c'est le tourisme qui, là encore, en est à l'origine. En Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, des hommes et des femmes se prostituent dans des conditions très dures auprès des touristes occidentaux dans l'espoir d'améliorer leur revenu ou simplement de survivre.
Info Birmanie cite, dans son bulletin mensuel, le cas de femmes Birmanes employées dans les bordels thaïlandais où elles sont bâillonnées, surveillées, cloîtrées dans des conditions de vie inhumaines. Certaines sont très jeunes (12 ou 14 ans) et se retrouvent parfois enceintes, condamnées à avorter clandestinement. On estime à 80 % le nombre d'entre elles qui sont touchées par le sida. Elles sont peu concernées par les campagne de prévention qui se font en langue thaïlandaise ou occidentale et visent plus les clients que les prostituées (16).
Parallèlement, il existe aussi une prostitution "volontaire" directement liée à la misère ou à des conditions de vie très difficiles. Au Maroc mais aussi en Egypte, quoiqu'il n'y ait aucune statistique officielle ni officieuse, il y a un phénomène de prostitution lié à l'afflux de touristes du Moyen Orient, venus chercher dans ces pays, des plaisirs (cabaret, boisson, prostitution) interdits dans leurs pays respectifs. On peut également citer les Caraïbes, notamment le cas de St Domingue ou celui de Cuba où sévit un véritable tourisme sexuel "volontaire" pour les nombreux occidentaux (hommes et femmes Européens ou Américains), venus chercher au soleil la compagnie de locaux consentants.
.* Une femme meurt toutes les minutes des causes dues à une grossesse. 61% des décès maternels ont lieu surviennent après l'accouchement.
* Les MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) atteignent 5 fois plus de femmes que d'hommes.
* Dans le monde entier, 130 000 000 de fillettes et de jeunes femmes ont subi la Mutilation Génitale Féminine (MGF).
* A l'échelle de la planète, au moins 1/3 des femmes ont été battues, contraintes à des rapports sexuels ou maltraitées de quelque autre manière, la plus souvent par une personne de sa connaissance (mari, membre masculin de la famille). Près de 50% des femmes dans le monde ont été battues ou maltraitées physiquement à un certain moment de leur vie par leur partenaire. Une femme sur quatre est maltraitée durant la grossesse.
* On évalue à 4 000 000 par an, dans le monde entier, le nombre de femmes et de fillettes achetées et vendues à un mari, un proxénète ou un marchand d'esclaves.
* Les 2/3 des 300 000 000 d'enfants qui n'ont pas accès à l'éducation sont des filles et les 2/3 des 880 000 000 d'analphabètes sont des femmes.
* 2 000 000 de fillettes âgées de 5 à 15 ans sont livrées chaque année à la prostitution.
* Aux États-Unis, une femme est battues toutes les 15 secondes par son partenaire.
* D'après la banque mondiale, dans les pays industrialisés, agressions et violences sexuelles privent les femmes de 15 à 44 ans de près d'une année de vie en bonne santé sur 5.
* Au Canada, les coûts sanitaires de la violence contre les femmes s'élèvent chaque année à 900 000 000 de dollars. Aux Etats-Unis, l'impact de la violence à l'égard des femmes sur l'économie s'élève à 4 Milliards de Dollars.
* Dans 22 pays africains, et neuf pays asiatiques, le taux de scolarisation des filles est de 80% inférieur à celui des garçons.
* Dans une douzaine de pays, aucune femme ne siège encore au parlement et, dans 8, au moins, elles n'ont pas le droit de vote.
* Plusieurs autres pays en développement ont vu la place des femmes au parlement augmenter très nettement au cours des 25 dernières années, à savoir l'Ouganda (de 1 % à 18 %), l'Équateur (de 1 % à 17 %), les Bahamas (de 4 % à 20 %) et la Barbade (de 4 % à 20 %).
* Les femmes occupent 30 % au moins des postes de niveau ministériel dans six pays seulement : Barbade, Érythrée, Finlande, Liechtenstein, Seychelles et Suède. Dans 10 autres pays d'Europe occidentale et des Caraïbes, cette proportion est comprise entre 20 % et 30 %.
* Une augmentation de 1% de la scolarisation secondaire des filles se traduirait par une augmentation de 0,3% de la croissance économique.
C'est en 1945 que l'égalité des
femmes et des hommes a été admise en tant que principe fondamental
de la personne à travers l'adoption générale de la charte des
Nations Unies. En 1979, la communauté internationale décidait
de remettre en question et d'éliminer la discrimination sexuelle
qui s'exerçait contre les femmes en adoptant la CEDEF (Convention
pour l'Elimination de toutes formes de Discrimination à l'Egard
des Femmes) ou CEDAW.
Derrière ces actions et ces avancées timides se cachent, à l'évidence
pour les femmes, des années de luttes et d'acharnement pour
faire valoir leurs droits et le respect de leur personne. Des
années où la communauté mondiale dirigeante, à grande majorité
masculine, a pris lentement conscience de la condition de la
femme dans le monde et a instauré des mesures, parfois volontaires,
souvent sous la pression des ONG et sans conviction, qui ont
permis, cependant, de dresser la liste des causes et des effets
qui ont conduit directement à une discrimination dont les femmes
sont les victimes génériques depuis des millénaires. La multiplication de ces actions a conduit certains
pays à réviser leur constitution. Ainsi, plus des deux tiers
des pays du monde, dont presque tous les pays d'Amérique Latine,
ont modifié leur législation de manière à améliorer l'accès
des femmes aux ressources, à favoriser leur accès à l'éducation,
aux services sanitaires et à accroître leur rôle dans la cellule
familiale. Certains pays ont adopté et autorisé l'utilisation
de contraceptifs avec suivi et soins médicaux spécifiques. Il
s'agit notamment du Pérou, du Brésil, de la Thaïlande, du Paraguay,
du Japon et du Cambodge…
L'amélioration de la condition de
la femme a touché d'autres pays comme l'Albanie, le Burkina
Faso, l'Équateur, Fidji, Madagascar, la Pologne et le Soudan
qui ont adopté ou révisé leur Constitution de manière à interdire
la discrimination fondée sur le sexe. La France, de son côté,
a amendé sa Constitution de manière à promouvoir l'accès égal
des femmes et des hommes aux charges électives. L'Afrique
du sud a prescrit l'égalité de statut des époux dans les mariages
coutumiers. Même le Pakistan, reconnu comme un des pays les
plus discriminatoires, voire meurtrier, à l'égard des femmes,
a décidé, par l'intermédiaire de la Haute Cour de Lahore que
le mariage ne pouvait être valide sans le consentement des deux
futurs époux et qu'un tuteur n'avait plus le droit de donner
son consentement au nom de la femme sans son approbation.
Chose étonnante,
malgré toutes ces démarches planétaires, il apparaît clairement
que les avancées efficaces en matière de droits des femmes ne
s'effectuent pas à l'échelle nationale ou même internationale
mais sont le résultat d'actions isolées menées à l'échelle locale
des régions, villes et villages. C'est le cas de plusieurs petits
villages d'Afrique qui ont vu, grâce à une initiative de la
Croix Rouge et d'autres ONG, leur vie changer à partir du moment
où les femmes ont commencé à être plus indépendantes, à la fois
intellectuellement et financièrement.
Par ailleurs, certaines
campagnes d'ONG ont eu un succès inespéré grâce à l'apport informatif
et communicatif de l'Internet. En effet, en Inde, lorsque des
membres d'un mouvement militant contre l'exploitation sexuelle,
le viol, les meurtres liés à la dot, ont été mis en prison,
une alerte lancée sur Internet a contribué à faire suspendre
leur procès. Plusieurs campagnes ont vu le jour sur Internet,
notamment en ce qui concerne la journée de la femme, mondialement
connue, et qui a déjà attiré l'attention du monde entier sur
les conditions de vie des femmes afghanes, pakistanaises et
africaines. L'Internet apparaît comme un moyen puissant pour
faire pression sur les gouvernements velléitaires en matière
de respect des droits fondamentaux des femmes.
Car, il faut
bien le dire, malgré les efforts incessants de milliers de personnes
investies dans cette action en faveur des femmes, les chiffres
qui reflètent la réalité de leur vie recèlent un caractère inquiétant
! Une évaluation des progrès réalisés due au Fonds de développement
des Nations-Unies pour la femme (UNIFEM) donne à réfléchir :
"Jusqu'à présent, six pays seulement réunissent les caractéristiques
suivantes : égalité à peu près complète entre les sexes dans
la scolarisation secondaire, occupation par les femmes de 30
% au moins des sièges de parlement ou législature, exercice
par les femmes de près de 50 % des emplois rétribués dans les
activités autres qu'agricoles".
Quelles que soient les lois adoptées, l'évolution des
droits des femmes est entièrement dépendante du comportement
privé et surtout de celui des hommes, en fonction du niveau
qu'atteint la culture patriarcale dans leur pays.
En fin de compte, c'est un travail de rééducation
au niveau des individus qu'il faut commencer, un par un s'il
le faut, car le préjudice psychique et physique causé aux femmes
est tellement grand qu'il demandera sans doute d'aller parler
au cœur de chaque être…
A l'heure actuelle, dans le monde
entier, des études ont montré que ce sont toujours les mêmes
types de situations qui sont à l'origine d'actes de violence
à leur égard : le fait de désobéir au mari, répondre à ses observations,
refuser les rapports sexuels, ne pas servir à manger au moment
où il le désire, négliger les soins portés aux enfants, négliger
les travaux domestiques, se déplacer sans sa permission, soupçons.
Cette attitude extrêmement discriminatoire est aussi conditionnée
par l'image attendue de ce que doit être un "vrai homme" qui
subsiste dans certaines sociétés : un être qui affirme ses désirs,
qui ne doit donner aucun signe de faiblesse, qui pourvoit aux besoins du ménage mais ne doit rendre aucun
compte de ses dépenses (contrairement aux femmes).
Pourtant,
force est de constater que, dans bon nombre de pays, ces stéréotypes
ne correspondent plus à la réalité. Voilà près de trois générations
que le rôle de l'homme, en tant que maître du foyer, a changé
et a évolué vers plus de partage des tâches et des responsabilités. La prise de conscience des hommes sur le rôle et la responsabilité
qu'ils ont sur la santé physique et psychique des femmes jettera
un faisceau de lumière sur cette ombre encore épaisse qui stagne
au-dessus de leur tête et de leur cœur.
Le
Comité des droits de l’homme de l’ONU blâme sévèrement le Canada pour
le traitement infligé aux femmes autochtones et aux détenues (extraits)
par l’AFAI
Ottawa, le 3 novembre
2005 - La discrimination envers les femmes autochtones et les détenues,
et les répercussions négatives sur les femmes des coupures à
l’aide sociale et aux programmes sociaux, ont inspiré de sévères
critiques au Comité des droits de l’homme des Nations Unies qui vient
de
compléter son cinquième examen de l’observation par le Canada du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques.
« Le Comité blâme sévèrement le Canada pour le traitement infligé aux
femmes autochtones », déclare Beverley Jacobs, présidente de
l’Association des femmes autochtones du Canada. « Ces mots décrivent
bien la situation, étant donné l’ampleur de l’analyse du comité. »
« Le Comité reconnaît l’omission du Canada de protéger les femmes
autochtones de la violence, de remédier à la pauvreté des femmes
autochtones et de corriger la discrimination patente inscrite dans les
lois », dit Sharon McIvor, de l’Alliance féministe pour l’action
internationale. « La discrimination inhérente aux lois, qui perdure
depuis des décennies, affecte la capacité des femmes indiennes à
transmettre leur statut et leurs privilèges de membres vivant dans les
réserves à leurs enfants et petits-enfants et les prive d’accès à leurs
droits relatifs au foyer conjugal et de la protection de leurs droits
humains fondamentaux. »
« Le Comité est également gravement préoccupé par le traitement que le
Canada inflige aux détenues », déclare Kim Pate de l’Association
canadienne des sociétés Elizabeth Fry. « Il exhorte le Canada à
pleinement mettre en oeuvre les recommandations de la Commission
canadienne des droits de la personne et d’en faire rapport au Comité
dans un an. Il insiste sur la nécessité d’empêcher tout contact direct
entre le personnel masculin et les détenues, de limiter le recours à
l’isolement et de mettre immédiatement sur pied un organisme externe
indépendant de réparation et de règlement judiciaire des différends pour
les femmes purgeant une peine de ressort fédéral. La mise en application
de ces recommandations est essentielle pour remédier au traitement
discriminatoire que subissent actuellement les détenues. Le Canada doit
agir sans délai. » « Le Comité a également réitéré ses préoccupations en regard des
répercussions négatives sur les femmes, les enfants et les autres
groupes vulnérables, y compris les afro-canadiens, des coupures à l’aide
sociale et aux programmes sociaux », a fait remarquer Margaret Parsons
de la African-Canadian Legal Clinic. « Le Comité demande au Canada de
s’assurer que les coupures ne nuisent pas aux femmes, aux peuples
autochtones et aux Afro-Canadiens. » « Le Comité a également exprimé des préoccupations particulières quant
aux coupures drastiques imposées à la Colombie-Britannique », dit
Shelagh Day, de l’Alliance féministe pour l’action internationale. « Ses
recommandations arrivent à un moment où les prestations d’aide sociale
n’ont jamais été aussi faibles dans l’ensemble du pays et où sont
affectées la sécurité et l’égalité des personnes les plus pauvres - qui
sont disproportionnellement des femmes et des personnes racisées ou
vivant avec des incapacités. Les droits de la personne que le Canada a
ratifiés ne sont tout simplement pas compatibles avec l’érosion des
protections sociales. Cela doit cesser. » Shelagh Day déclare : « Le Comité s’inquiète beaucoup du fait que le
Canada ne dispose d’aucune procédure destinée à superviser la mise en
application des droits inscrits dans le Pacte et à corriger les
irrégularités identifiées par les organes de suivi des traités. Nous
voulons voir le Canada instaurer de nouvelles procédures transparentes
rendant les gouvernements entièrement responsables envers la population
canadienne de la mise en application des droits de la personne. »
Mis en ligne sur Sisyphe, le 3 novembre 2005.
Globetrotter dans l'âme maintenant plus que dans l'action, parce que famille et études à plein temps obligent.
Ce blog présentera au fil de mes temps libres (!)
des articles sur des sujets aussi vastes que le vie.
Et puis, je passe tellement de temps sur Google, qu'autant faire bénéficier les résultats de mes recherches au plus grand nombre.
Je mettrai donc en ligne des tas de liens regroupés par thème.